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Vol avec la PAF sur Fouga par Pierre Peyrichout

Melun 2019 Patrouille Tranchant sur Fouga-Magister ©Xavier Cotton

« Je m’étais donc rendu le 26 mai 1978 avec mon D119 à Salon de Provence pour un vol à bord de « La Patrouille de France » pour une répétition du programme de l’époque : un jour historique, inoubliable s’il en est. J’étais assis sur le siège arrière du Fouga-Magister piloté par Fauque – à l’aile droite de la patrouille. 

Le photographe, Frédéric Bunel (décédé le 30 septembre 2013, son pauvre cœur l’a lâché à 61 ans) était lui à l’aile gauche, son Fouga piloté par un nommé Marche. Nos emplacements aux extrêmes, permettant des évacuations plus rapides… au cas où.

Siège avant du Fouga-Magister ©Xavier Cotton

         « Un petit accroc cependant : les places arrières ne disposaient pas de systèmes pour brancher les combinaisons « anti-G ». Tout habillés en bleu, nous sommes donc montés avec parachutes et casques, mais non équipés des parties gonflables de la combinaison. Je me souviens d’un dossier en place arrière d’une horrible verticalité, loin de la timide inclinaison en place avant favorisant le confort du pilote.

        « Soigneusement brêlés par des assistants, nous n’avions plus qu’à fermer la verrière »…

        « Aujourd’hui, les Alphajets de l’actuelle Patrouille de France sont en fin de vie. Par qui seront ils remplacés ? Inutile de préciser que pour moi, les « Fouga-Magister » avec leur nom magique, leurs belles ailes droites qui ne pardonnaient pas la moindre imprécision, leur bidon de bouts d’ailes, et leur empennage papillon sont mes préférés. A leur bord, j’ai surtout vécu la plus belle expérience de ma vie de pilote, d’autant que nous sommes peu nombreux en France à avoir partagé ce privilège : VOLER AVEC LA PAF ».

         Pierre PEYRICHOUT

Éclatement par le haut de la Patrouille de France

LA PATROUILLE DE FRANCE

 Pierre PEYRICHOUT

            Avant la grande vadrouille du lendemain, il y a d’abord l’arrivée à Salon de Provence. Par les airs, et ce fut mon cas – ils s’en souviendront d’ailleurs longtemps à la base, de mon entrée de zone avec une radio qui marchait un coup sur deux alors que s’ébrouaient les Fouga en tour de piste. Par les airs donc, même le béotien en géographie voue à ce coin de France des qualificatifs plutôt élogieux. La garrigue, les chênes verts, la rocaille, le thym et les lapins qu’on y devine, tout ce décor s’étire entre la délicatesse de Daudet et la chaleur de Pagnol. Même Patricia, l’indulgente petite reine du « 122.10 » a cet accent charmant dont on perçoit illico la magnanimité. Merci encore. Salon, elle, est à l’image des environs : allées aux ombres généreuses, petites places et joueurs de pétanque attentifs, timides fontaines ruisselantes de fraîcheur, sous leur jupon de mousse. Bref, on a du mal à croire que ce soit un coin où l’on puisse faire un travail efficient avec toute la concentration nécessaire…

            A l’ouverture de la verrière, la température vous confirme les quelques degrés de l’altitude qu’on vient de dégringoler. Puis, pour vous mettre dans le coup dès l’immédiat : le souffle chaud des biréacteurs de la PAF au roulage avec leur odeur âcre de vieille lampe à pétrole. Ça m’a toujours étonné ce contraste entre le moderne et l’ancien ! Le réacteur, invention récente et sophistiquée et son effluve de lampe à huile pour les grand-mères en soirs d’orage. Rien n’est nouveau sous le soleil !C’est le Commandant Déroulède, lui-même qui m’accueille à la descente d’avion. Directeur du Bureau de Presse et des Relations Extérieures à l’École de l’air, il m’avait donc fixé rendez-vous pour ce grand jour. Je ne devais jamais le regretter. Et puis, en fin de compte, arriver en début de programme est un privilège forfait mais indéniable. Pour l’heure, je suivais des yeux les neuf papillons tricolores tremblant dans l’air chaud des Marboré. Ici, dans un travail qui se répète, des hommes, sous la sueur du casque et des accélérations, vont se débarbouiller de voltige, de ciel et de Lumière, s’enivrer de cette joie si prenante et ineffable que communiquent le vol et le pilotage et qui fait que c’est l’imperfection de la veille qui justifie l’effort et la récompense du lendemain.

            Ils sont donc là les neuf Fouga de la Patrouille de France, suivant le leader et se reniflant mutuellement. Ils sont partis tranquilles, comme des ménagères allant au marché, à la queue leu-leu. De temps en temps, dans le souffle tremblant de leur tuyère on en remarque un qui pique un peu du nez sous l’impulsion d’un coup de frein pour maintenir l’allure et l’espacement. Au loin, du côté de la Méditerranée, la brume ne se lève pas encore… Le décor est toute quiétude, gommé des habituelles turbulences, excepté du côté du point d’attente de la 34 où le sifflement désagréable des réacteurs se mue en crachement sourd, puissant comme un orage de soude caustique dans le siphon d’un évier.

            Près de moi, le Commandant Berthonneau branche le magnétoscope. Tous les jours à Salon, et en dehors des meetings, c’est ainsi l’école pour neuf de ces nombreux pilotes qui font la population des grandes fêtes de l’air, et pour qui la perfection n’existe que si le relâchement est banni de leur panoplie.

Décollage du Fouga F-AZNK au meeting 2014 de Troyes ©Xavier Cotton

   Après avoir avalé pas mal de piste, escamoté leur train dans une époustouflante simultanéité – ma parole, il n’y avait qu’un seul interrupteur pour tout ce beau monde – la Patrouille se regroupe hors de la vue des spectateurs. Comme ça, vu d’un œil froid, ce travail risque d’être mal interprété. Mais indéniablement il ressemble à toutes les répétitions obscures des numéros des gens du voyages, à toutes les pages que jetait Victor Hugo avant de se voir satisfait, à ces milliers d’heures où Chopin et Rubinstein ont pianoté en cachette dans les coulisses de leur début. Ici, le travail est déjà parfait, mais le coup de patte, comme les doigts du pianiste, s’ankylose dans l’inactivité. Alors, on recommence, encore et encore…

            Droit devant, dans un horizon pâlot, le voilà le Festival Marc Amberg : Arrivée face à nous en « Très grande Flèche ». La silhouette du Fouga, ses grande plumes, fines, et les bidons comme deux points ponctuant l’envergure ; tout cela est déjà du très grand art et comme tel, pas démodé le moins du monde. Et hop ! Ça monte en boucle alors que la formation passe en diamant. Le plus surprenant avec le réacteur, c’est qu’on dirait que le badin n’est pas exagéré au départ et qu’il reste constant pendant l’évolution ; ce n’est bien sûr qu’une idée, car le Fouga est loin d’être surmotorisé, il faut pour le· pilote jouer avec la finesse de la cellule, sa pénétration, ne pas trop tirer pour ne pas casser la vitesse, mais enrouler tout ça tranquille et gracieux comme le ralenti d’un film. Pour le leader, c’est encore loin d’être un cadeau. Il doit cadrer les figures, contrer le vent et penser aux petits copains derrière qui transpirent dans la turbulence pour maintenir compacte une formation qui ne demanderait qu’à se dissoudre. Le leader, c’est Marc Amberg, blond et d’un calme à faire peur, apparemment secret, sûrement modeste, un gars comme on les aime quand on sait que tout à l’heure on sera sur le siège arrière d’un des compagnons.

La PAF en montée ©Frédéric Bunel

Et la boucle se poursuit. A son sommet, les Fouga sont toujours unanimes dans leurs trajectoires, à passer dos d’un commun accord. Ils descendent vers la verticale. Une seconde de plus … « Top », et ça tourne sur la gauche, les pilotes écrasés par les « G » – on en reparlera bientôt – avec un point bas vers cinquante mètres, peut être trente. Au cours de ce tombé, la formation s’est « tordue » comme une feuille de papier soulevée par un coin, pour bien montrer que ce n’est pas un avion qui évolue, mais un ensemble, un plan unique ; c’est ça la Patrouille, et la figure suivante s’enchaîne sans blanc.

            Ceux qui sont insensibles à ce genre de présentation sont pour moi des incomplets, des gens à qui il manque cette fibre qui vibre en fonction de l’esthétique ou du grandiose. J’ignore beaucoup de disciplines, mais quand je vois un maître en pratiquer une, c’est le genre de chose qui me cause tout de même à l’âme. Et ce matin, je m’en mets plein les yeux.

            C’est comme la fameuse descente dos des solos. Quoi de plus simple qu’une descente dos ? C’est serein tout plein. Mais là, à deux, indissociable, on les imagine venir se reposer, couler sur un rail invisible et nous saluer au passage avec un coup d’oeil narquois qui voudrait dire : « Qu’est-ce qu’on est bien nous » ! Et c’est vrai que cette patrouille, à la vue de ces évolutions exprime le calme et la douceur des gens sans problèmes, vivant dans leur époque et leur quartier comme la poire dans une bouteille d’eau de vie.

Mennhuin aussi a commencé avec un professeur.

La PAF en montée dos
les Pilotes de la PAF en 1978

            Tiens, on va vous les présenter les gars de la PAF. A tout Seigneur, tout Honneur, Marc Amberg le leader : 33 ans, ça fait deux ans qu’il est à la Patrouille et il cumule 2600 heures de vol. Les deux Solos, Cap. Jack Krine et le Lt. Henri Davidian, dans les 34 ans et 7500 heures à eux deux. Pas des tristes les gaillards ! Jack a de belles moustaches, un front presqu’aussi luisant que son casque, on le verrait bien dans un vaudeville de Feydau, et on ne s’ennuierait pas. Henri, lui, c’est plutôt le physique de cinéma, le hâle brun du baroudeur, un sourire à la Lino Ventura. Sans compter qu’il doit avoir un regard d’aigle ou pas les yeux dans sa poche : Les Lts. Marche et Fauque, ce dernier fêtant ses 35 ans le jour de mon baptême à bord de la PAF ; rassurant sur la marche à suivre, les évolutions de la Patrouille, 6000 heures à eux deux, et c’est aussi la deuxième année qu’ils passent à la PAF. Cette année, ils sont équipiers extérieurs. Les équipiers intérieurs cumulent 5000 heures de vol ; il s’agit du Cap. Bernard Inge et de l’Adjt. Henry Homo. Blond bien coiffé, physique de jeune américain à la Lindbergh, il a la figure bien sage du garçon qui va à la distribution des prix. Les deux charognards : le Lt. Rémy Neycensas, du haut de ses 36 ans, c’est presqu’un vieux. Vous pensez ? C’est sa quatrième année à la PAF, avec la Médaille Militaire, la Croix Valeur Militaire, et la médaille de l’Aéronautique. Quant au Lt. François Claudel, il a cette passion farouche du vol si on en juge par ses débuts. Il a construit un Bébé Jodel, et puis comme il a dit : « Il a bien fallu y aller ».

Rencontre avec Jack Krine meeting de Melun ©Liliane Cotton

Après le break vertical qui clôture la présentation, les pilotes vont au casse-croûte et au dé-briefing où l’écran du magnétoscope reste le juge infaillible de leur travail. L’atmosphère est détendue, franchement drôle, mais il y a sur toutes les phrases du genre, « tiens, t’as décroché un peu dans le tombé » ou alors, « ce matin, dis-donc, j’avais une de ces frites », le voile du respect à vouer au leader : service-service, discipline-discipline. Marc sait tout aussi bien plaisanter que les copains, mais dans le travail, il reste celui qui dirige, orchestre cette symphonie pour neuf instruments et sait se faire écouter.

            Le Lt. Claude Prado et l’Adjt. Jacques Pourchelle sont les deux remplaçants, ceux qui doivent au pied levé piloter à la place du copain qui vient de tomber malade. Des rôles ingrats mais indispensables et à ne pas oublier.

Patrouille Tranchant sur Fouga Magister Melun 2019 ©Xavier Cotton

Prélude

            Et tous n’ont vraiment pas l’air de s’ennuyer. Oui : J’ai même rencontré des militaires heureux ! Comme quoi, quand les intérêts et la passion animent une personne les tâches les plus dures et les plus exigeantes sont menées à leur terme et dans les meilleures conditions. Je dis ça, parce que mon stage obligatoire dans une caserne d’Alsace ne m’a pas du tout laissé la même impression.

            Ce soir-là, dans la chambre réservée au mess, je m’endormais avec le sceptre du vol de demain matin. Il était déjà tard, ou disons très tôt et j’échafaudais déjà les parades les plus farfelues pour pallier les sensations qui m’attendaient le lendemain matin.

            Je me suis donc retrouvé dans la traditionnelle combinaison bleu clair, sous un casque tricolore, le laryngophone ad hoc, prêt à grimper en place arrière de ces Fouga, aujourd’hui si célèbres qu’ils semblent concurrencer la Tour Eiffel et le canotier de Maurice Chevalier au rayon des symboles ambassadeurs de la France. Le parachute-coussin avait le confort égal à celui de ses confrères, c’est-à-dire relatif, mais je ne jouais pas les difficiles.

Jack Krine solo de la Patrouille Tranchant au meeting de Melun 2019 ©Xavier Cotton

            J’étais dans le cockpit d’un avion-école militaire, donc dans un engin préfigurant le plus possible l’avion de combat que l’élève sera appelé à piloter plus tard. C’est effectivement assez loin de l’avion de club ; pas de gadgets superflus, de capitonnage moelleux, une allure de terrible efficacité et déjà-est-ce une impression ? – assez redoutable. Le harnais cinq branches a l’air costaud, beaucoup plus que sur nos avions de voltige à moteur et de plus, il s’avèrera très confortable lors des passages négatifs. Petits essais lntercom avec le maître de céans. La voix rassurante et claire de Lucien Fauque passe dans les écouteurs. Je commençais à me sentir tout seul devant ce tableau de bord impressionnant.

                        – C’est la première fois que tu fais du jet ?

                        – Oui.

                        – Tu vas voir, c’est passionnant et pas si dur que ça.

            Je me rassérénais d’un coup. J’avais le pilote idéal pour ce genre d’aventure : calme, communicatif et rassurant.

                        – C’est OK pour le gyro?

            Je m’exécutais.

                        – Et c’est parti à gauche, lança-t-il.

            Effectivement, l’aiguille du compte-tour du « Un » grimpe régulièrement, en même temps qu’un sifflement étouffé par le casque et les écouteurs renseigne sur la réalité

du fait. La porte est fermée, le boudin étanche comprimé et les bruits des réacteurs percent à peine cette verrière épaisse et le sarrau d’aluminium du fuselage.

                        – J’envoie la « pressure », commente Lucien. Et aussitôt deux petites boules invisibles viennent se loger dans les oreilles. Un bâillement à se décrocher la mâchoire les chasse aussi vite.

Contrôle radio : Chacun égrène son numéro d’ordre dans les écouteurs du voisin.

                        – Un

                        – Deux

                        – Trois

                        – …

                        – O.K., on y va, annonce le leader.

            Et la jolie brochette de Fouga s’éparpille du parking pour se retrouver en un ordre non moins parfait sur la bande blanche du taxiway. Je confine à l’extase. Ce que ça peut être beau des avions au roulage quand celui-ci est parfait, régulier, coulant comme une rivière trop lente. De petits coups de frein affinent les espacements. Devant, à quelques mètres, les deux petits tubes pour les fumigènes sont nettement visibles sur le Fouga du copain. Je me demande si tous ces pilotes sont aussi relax sur une autoroute quand on roule à cent sur trois files avec des poids lourds sur les côtés.

Patrouille Tranchant sur Fouga au meeting de Melun 2019 ©Xavier Cotton

Hilare

            Sur la piste, bien alignés, ils ont commencé par mettre plein pot sur les freins, mais frétillant de la sorte sous la poussée, on voyait bien qu’il allait se passer quelque chose et que le festival était imminent. Jusqu’à présent, enfiler la combinaison, choisir un casque, marcher vers les Fouga, tout cela était le cérémonial, inquiétant aussi parce qu’inconnu. J’étais le spectateur intrus et curieux qui dérangeait.

            Maintenant, d’un coup, tout s’efface. Je suis dans l’événement, vibrant avec le souffle brûlant des réacteurs qui déforment le paysage comme du verre cathédrale.

                        – TOP !!!

            D’un bond les Fouga s’élancent. Fauque maintient l’axe par de petites pressions sur les pédales. Les petits coups de freins secs comme des coups d’éperons et qui me faisaient partir en avant au début du roulement sont maintenant oubliés. Le badin prend vie : 50, puis 60 Kts. La roulette est soulagée. Idem sur les Fouga qui nous précèdent. Fabuleux ! Et Lucien joue de mouvements imperceptibles sur le manche. Je regarde le mien vivre par millimètres interposés, comme si un PA trop sensible l’animait. Petit à petit, on sent les joints de ciment de la piste défiler plus vite sous les roues, puis se faire plus discrets ; le Fouga dandine un peu. En l’air ! Devant, c’est pareil, et nous on se rapproche encore.

                        – Attention le trainnnnn, TOP ! Et toutes les trappes se ferment d’un commun accord. La montée est paisible ; j’en oublie de regarder le badin, histoire de me renseigner sur des paramètres élémentaires, c’est trop beau. Ceux qui nous suivaient nous ont rejoints, et on enroule un virage par la droite dans une montée toute douce. Continuellement, le manche et la manette des gaz s’animent de mouvements brefs mais sans brutalité, tout doux là aussi, comme des caresses.

                        – Tu vois, m’annonce Fauque en me sortant un peu peu de ma contemplation, la mise à l’air libre de son bidon doit cacher son phare d’atterrissage. Vicieux comme je suis, je contrôle pour m’assurer si j’ai affaire à un crac et… c’est bon. Si bien que je comprends pourquoi un pilote de la PAF doit être sujet à un sérieux torticolis. Il n’en finira pas de regarder sur la gauche à voir si tout est correct, et tout ça pendant les vingt-cinq minutes que dure la présentation face au public. Nous, on va faire un peu plus ; c’est l’entraînement.

            Au briefing, le leader a dit, on va commencer par deux tonneaux, la dernière fois ce n’était pas parfait.

            Et la formation descend, en léger désaxe par rapport à la piste pour passer une barrique grand cru la bille au milieu. Le badin s’annonce vers 300 Kts.

                        – Et hop, tooonnneauuuuu, commente le Sieur Marc Ambert. La Patrouille s’exécute dans une grâce étonnante. Sur la tranche, un regard jeté sur la gauche me montre l’autre ailier quelques dizaines de mètres plus bas ; puis on s’achemine vers le dos, en sommet de barrique ; je regarde toujours cette mise à l’air libre du réservoir pour voir si elle cache bien le phare d’atterrissage. Je n’arrive pas à être déçu. C’est parfait. On dégringole, toujours parfaitement soudés. Je suis hilare. Un sourire jusqu’aux deux oreilles doit balafrer ma figure. Les larmes aux yeux, un gosse émerveillé.

                        – Ça va ? se renseigne le Commandant de bord.

            Je ne sais quoi répondre. Les mots se bousculent, les impressions aussi. Soyons francs. Le spectacle que voit habituellement le public nous échappe entièrement, mais pour un pilote je me rends compte que le véritable spectacle de la Patrouille se passe à bord des appareils, pas sur les planches d’une tribune. C’est dans cet antre que naissent les émotions, que s’échafaudent les efforts et l’attention pour passer les figures. C’est enfin là où le véritable travail des hommes prend toute sa saveur et sa force. Les fumigènes, les enchaînements, l’habile chorégraphie de l’ensemble, ce ne sont que les rubans qui embellissent le cadeau. C’est peut-être mieux ainsi. Les spectateurs ne voyant qu’un travail collectif, anonyme, une seule chose : La Patrouille de France. Nous autres, parce qu’on a la chance de s’y connaître un peu, c’est ici notre vrai cadeau ; mais parce que nous avons aussi le malheur de nous y connaître un peu, c’est une superbe leçon d’humilité. La récompense qui prouve bien que rien ne s’acquiert sans effort ou sans répétition.

            Il s’inquiète toujours le pilote.

                        – Oh ? Ça va ?

                        – Oui, oui. Que voulez-vous que je dise ?

                        – Bon, on va remettre ça.

            Reprise de vitesse, et ça tourne encore. Je ne sais pas si c’est le super-pied bleu d’azur dont parlent les présentateurs de hit-parade, mais je sens que ça commence à venir. On s’éloigne un instant, le temps de passer en « Très Grande Flèche » et d’arriver face à la piste.

                        – Maintenant, ça va être la boucle.

            Merci M’sieur de me prévenir. La Patrouille est en légère descente, jusque 300 Kts.

            La piste est là, sous notre capot.

                        – Top ! Et c’est parti. Aïi, ça tire, et ça dure.

            Et le manche est parti comme un boulet sur la cuisse gauche, le harnais que je n’ai pas resserré depuis le début est toujours bien en place.

Une main invisible s’est fourvoyée dans mes tripes et tire mon corps vers les pieds. Je ne mesure que 10 centimètres d’épaisseur.

La verticale passe, toujours soudés les copains, incroyables qu’ils sont. Les « G » disparaissent un peu dans la partie supérieure de la boucle. Tous les mouvements sont relatifs. Pour nous, c’est le paysage qui tourne. Nous, on reste là, paisibles. On regarde les ombres jouer sur les avions, le soleil qui dessine ses reflets sur leur surface, la lumière du coin jaunie par les pinèdes et la brume qui se marie au rythme des figures. Ça, c’est ce que peut voir un passager en place arrière quand il n’a pas à se préoccuper du pilotage et de la formation. On repasse dans l’ombre, le soleil derrière nous, et ça redescend avec le sol qui approche… et les « G » qui reviennent. C’est bien bas tout ça. Au sol les Mousquetaires du GALEA montrent leur tableau de bord. Allez, ça passe à trente mètres et à 300 Kts. Dix secondes qu’elle a duré la boucle, entre 4 et 5 G. Je commence à envier le pilote qui lui possède la combinaison anti-G.

                        – Ça va ? Interroge Fauque

                        – C’est bonnard !

            Passage en « Viggen » : trois petits coups d’aérofreins, on part dans les bretelles. Il parait qu’ils ne sont pas très efficaces, les AF du Fouga, moi je trouve ça probant.

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Et un tonneau, encore un avec passage en « Petit Canard ». Droit devant, le paysage s’incline, et le monsieur qui nous précède envoie du fumigène au « Top » du leader. En regardant son papillon au cours de la figure, tout semble étrangement immobile ; le ciel et la terre ne sont qu’une toile de fond placée là par formalité. 100 Kts en haut de la barrique, la bille au milieu, et tout le monde redescend, unis comme à la première minute. Quelques voitures circulent sur l’autoroute, le canal est sans une ride, l’air sans turbulence. Descente en « Trois V ».

                        – Attention les Solos, Top ! commande Ambert, et les deux Solos s’écartent. Nous, c’est parti pour un trèfle à gauche, les « G » qui reviennent. Là, il a tiré un peu plus ; j’ai les semelles qui vont rester collées au plancher si ça continue. Un tombé à droite, un bon 300 Kts, une boucle, et ça tire encore, et la Patrouille se sépare. Cette séparation, elle est à mettre au crédit de Marc Ambert, le nouveau leader de cette figure vaut vraiment le coup d’oeil vu du public. Nous, on file sur la droite, en s’alignant sur la piste. De l’autre côté, la patrouille de trois, toutes fumigènes ouverts en fait autant. Plein pot en cap collision. Zouaff ! Et on dégage la scène pour l’arrivée des Solos.

Jack Krine en Solo de la Patrouille Tranchant Melun 2019 ©Xavier Cotton

Acide

Nous autres, à sept, on va bien s’amuser quand même. On remet ça pour un « Tombé droit » et un passage en flèche dans la montée. Là, il faut prendre du badin, jouer sur la figure et Fauque qui enfonce ses manettes de gaz pour rattraper le copain et se démarquer sur l’extérieur. C’est dans de telles figures qu’on voit que le Fouga n’a rien de trop comme puissance pour évoluer. Il faut jouer serré. Un poil d’AF ; le tout est en place et c’est le top du palmier : une sensation sublime, une lumière comme dans un film d’Albicoco ; les « G » qui vous assaillent, mais ça vaut le coup de souffrir un peu pour voir du spectacle, pour voir du travail sans bavure, où l’à peu près est banni du programme. Il est facile de deviner chez ces pilotes l’entraînement régulier. Ils vous exécutent l’enchaînement par cœur, sans le moindre trou de mémoire confiant dans le cadrage du leader.

 

                      – Bon, maintenant, on va passer dos.

                        – Top !

                        – Top, sortie dos !

            Fauque pousse d’un coup bref sur l’avant et gauchis à nouveau.    

                        – C’est rapide ? Hein ? Commente-t-il.

            Pour être franc, je n’ai pas eu le temps de voir grand-chose. Mais je suis certain que ces quelques secondes en négatif ont remis un peu de sang là où il en manquait suite aux « G » positifs.

On se refait vite une santé dans ces trucs-là. Après l’éclatement de la bombe et le break vertical clôturant dos, les mises et les sorties.

            Avec la chaleur qui monte petit à petit, les turbulences qui vous secouent les « G » qui se sont accumulés comme par plaisir, vous percevez soudain cette petite salive acide dans les environs des gencives qui vous prévient que vous allez être malade. Alors, on prend ses précautions et on avertit le pilote. Plein d’indulgence qu’il est, Lucien !

                        – Si ça va pas, prends le casque. J’en suis pas encore là, mais je prévois, c’est tout et Fauque dégage, et me ramène comme s’il pilotait un charter de bébés en couveuse.

            Ouf, ça va mieux. Il me gratifiera même d’un « kiss » de derrière les fagots, et tout ira mieux dans quelques minutes. Inlassablement, les Fouga de l’Ecole de l’Air reprendront leur ronde pour le restant de la journée. Après le dé-briefing, les pilotes prendront un sandwich ou deux, prépareront leur « barda » et s’envoleront pour leur tournée d’été, baladins d’aujourd’hui, trouvères ou chantres de la Haute École de la Voltige de meeting. Chaque fois, il faudra vaincre la routine, cette habitude qui devient relâchement, et chaque matin qui se lèvera sera une leçon de courage « .

Pierre Peyrichout

Source de informations :

  • Article de Pierre Peyrichout paru dans AVIANEWS juillet 1978
  • Jack Krine
  • photos de Frédéric Bunel, Liliane et Xavier Cotton


La Ferté-Alais 2021 : Le temps des Hélices 48 ème édition

La Patrouille de France sur Alphajet à La Ferté-Alais©Yves Bourreau

LE TEMPS DES HÉLICES – 28 & 29 AOÛT 2021   48 ème ÉDITION

Suite aux divers reports liés au Covid­-19, la 48ème édition du meeting aérien « Le temps des Hélices » de la Ferté-Alais a finalement eu lieu les 28 et 29 août 2021.

Caudron G3 F-AZMB de l’AJBS ©Yves Bourreau

N’ayant être présent cette année, je remercie Yves Bourreau de m’avoir envoyé quelques photos permettant d’illustrer certains temps forts du « Temps des Hélices » édition 2021.

Fokker Triplan D-R1 (F-AYDR) ©Yves Bourreau

Selon une méthode rodée depuis longtemps, chaque jour du week-end se réparti en deux-temps :  

  • Le matin, le public peut approcher les avions via l’exposition statique permettant des contacts avec les pilotes et mécaniciens. Diverses animations (séances de dédicaces, défilé de motos anciennes, troupes de reconstitution historique…) sont au programme.
  • L’après-­midi est dédiée aux présentations en vol avec un spectacle de plus de 5h00 comprenant une centaine d’appareils évoluant dans le ciel de l’Essonne. Le spectacle déroule par tableaux thématiques l’histoire de l’aéronautique, depuis le temps des pionniers jusqu’aux appareils de dernière génération, civils et militaires –

Le spectacle est commenté par Bernard Chabbert,    

Junker JU52 (F-AZJU) de l’AJBS ©Yves Bourreau

Yves Bourreau résume ainsi la 48eme édition du « temps des hélices » à La Ferté-Alais : J’ai passé deux journées sublimes dans une bonne ambiance mêlée du bruit du rafale, de l’exhibition phénoménale de l’Airbus A400M, la présentation de la PAF  bien sur, l’EVAA et ses extra 330 , la patrouille Tranchant sur Fouga Magister et ses pilotes dont Jack Krine le plus célèbre moustachu de l’aéronautique ayant lui appartenu à la PAF (NDLR : leader solo en 77 et 78 sur Fouga) ,les éternels tableaux pyrotechniques reproduisant l’attaque de Pearl Harbour avec des T6 simulant les Zero. Le vent faible a permis au Bleriot Xi et Blériot « Charles Pegoud » de voler devant le public. Seul ont manqué à l’appel le Bristol Fighter (on peut voir sur la photo qu’il manque l’hélice) et l’Airbus A330MRTT qui devait simuler le ravitaillement en vol de deux Rafales

Bristol Fighter (F-AYBF) ©Yves Bourreau
CAP20 N°02 (F-AZOE) ©Yves Bourreau
Le magnifique MX-Voltige (F-WPAE) d’Aude Lemordant (Championne du monde en titre de voltige Unlimited) ©Yves Bourreau
Mikaël Brageot (membre de l’équipe de France de voltige et ancien compétiteur des Red Bull Air Race) est prêt au décollage sur son Beechcraft 55 Baron (F-HKMK) pour un numéro de voltige digne de Bob Hoover©Yves Bourreau
Peut être la dernière présentation en meeting aérien du C160 Transall . LFA2021 ©Yves Bourreau
Airbus A400M (F-RBAR). L’avion arbore une livrée spéciale de l’escadron de transport « 4/64 Béarn »©Yves Bourreau
LFA 2021, la patrouille Tranchant sur Fouga Magister est suivie de la patrouille « Carnet de vol » constituée d’un Pitts S-2B, d’un cap-222 et accompagnée d’un extra 300 ,d’un MXS et d’un Beech Bonanza “acrobatique” ©Yves Bourreau

Une patrouille imposante constituées de 9 appareils fit un passage souligné par des fumigènes devant le public. Celle-ci devant symboliser la participation de l’Aéro-Club de France dans son partenariat avec l’AJBS (Amicale Jean Baptiste Salis) pour cette 48 ème édition du Temps des Hélices – Cette Patrouille était constituée des quatre Fouga Magister de la « Patrouille Tranchant » emmenée par Hughes Duval, de la patrouille « Carnet de vol » composée d’un Pitts S-2B (Bertrand Boillot) et d’un Cap-222 (Eric Vazeille), accompagnés d’un Extra 300 (Catherine Maunoury, présidente de l’AeCF),d’un MSX (Aude Lemordant, championne du monde en titre de voltige Unlimited) et d’un Beech Bonanza “acrobatique” (Nicolas Ivanoff).

Ensuite cet ensemble s’est séparé pour laisser place à la démonstration des Fouga Magister. Puis ce seront les monomoteurs à hélice d’assurer leurs présentations en voltige synchronisée puis en solo.

Une fois encore, je dis bravo à l’AJBS, aux pilotes et tous les volontaires qui ont permis que ces deux journées de spectacle aéronautique soient une réussite totale , espérant que les seuls aléas de la 49 ème édition seront ceux de la météorologie.


Hommage de La Patrouille de France à Antoine de Saint Exupéry et son Petit Prince

Hommage de la PAF à Antoine de Saint Exupéry et son Petit Prince pour les 75 ans de la publication Copyright : Armée de l’Air et de l’Espace/EQPAA 

La Patrouille de France rendra hommage à Antoine de Saint Exupéry et son Petit Prince, lors du défilé du 14 Juillet et pour l’arrivée du Tour de France

Pour marquer les 75 ans de la publication du Petit Prince en France, la Fondation Antoine de Saint Exupéry pour la Jeunesse et l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) ont noué un partenariat inédit en décidant d’apposer des visuels, inspirés des aquarelles du Petit Prince, sur les 10 dérives des Alpha jets de la Patrouille de France.

Ces magnifiques illustrations, représentant le Petit Prince et son créateur, seront arborées par ces fameux ambassadeurs de l’AAE, durant toute la saison 2021, et notamment lors de leur survol des Champs-Élysées à l’occasion du traditionnel défilé du 14 Juillet et de l’arrivée du Tour de France le 18 juillet qui rassemblent plusieurs centaines de milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs.

Hommage de la PAF à Antoine de Saint Exupéry et son Petit Prince pour les 75 ans de la publication Copyright : Armée de l’Air et de l’Espace/EQPAA

Il s’agit d’un hommage historique puisque c’est la première fois qu’une telle décoration est réalisée sur les avions de la Patrouille de France depuis 2018, année depuis laquelle les Alpha jet arborent leur nouvelle livrée.

Alors que les valeurs de fraternité et d’engagement sont au cœur des actions de l’AAE, la célébration des 75 ans du Petit Prince (ouvrage de littérature française le plus lu et traduit au monde) est l’occasion d’inspirer la jeunesse, de susciter des vocations aéronautiques ou littéraires et de valoriser notre patrimoine.

Cet hommage honore ainsi la mémoire et les valeurs humanistes universelles d’Antoine de Saint Exupéry, écrivain mondialement connu, mais également pionnier de l’aviation et combattant Mort pour la France le 31 juillet 1944 en mission de haute reconnaissance aérienne au-dessus de la France occupée ».

Hommage de la PAF à Antoine de Saint Exupéry et son Petit Prince pour les 75 ans de la publication Copyright : Armée de l’Air et de l’Espace/EQPAA

Choix du noir et blanc (épisode 8) : La PAF et les nuages

Patrouille de France PAF au meeting du Bourget du 15 avril 2018 ©Xavier Cotton

Comme je l’avais indiqué dans « Le choix du noir et blanc » certaines photos aéronautiques m’inspirent pour les passer en noir et blanc, cela leur donne un aspect intemporel qui me plait bien

Montrer la Patrouille de France en noir et blanc, est un choix qui semble contre-nature et pourtant je veux montrer ici que c’est possible. Il a bien sûr été difficile de choisir parmi les milliers de photos réalisées à son sujet, mais je vous présente quelques-unes.

Surtout n’hésitez pas à laisser vos commentaires pour donner votre avis qu’il soit positif ou négatif.

Patrouille de France PAF au meeting du Bourget du 15 avril 2018 ©Xavier Cotton
Patrouille de France PAF au meeting d’Épernay du 14 juillet 2018 ©Xavier Cotton
Patrouille de France PAF au meeting d’Épernay du 14 juillet 2018 ©Xavier Cotton
Patrouille de France PAF au meeting d’Épernay du 14 juillet 2018 ©Xavier Cotton

Si vous souhaitez voir les épisodes précédents en voici la liste :


La PAF en persienne

Patrouille de France au meeting d’Albert-Bray 2019 ©Xavier Cotton

La « Persienne » est une figure très impressionnante de la Patrouille de France dont un bloc de 4 appareils arrivent par la gauche de manière à ne laisser apparaitre qu’un seul avion, puis progressivement ils s’écartent les uns des autres révélant chacun leur présence.

Patrouille de France au meeting d’Albert-Bray 2019 ©Xavier Cotton

Meeting du 14 juillet 2018 à Epernay

La réplique du Sopwith pup (LX-PUP) de Thierry Roussel ©Xavier Cotton

Après le meeting crépusculaire du vendredi 13 juillet, Epern’air offre aux spectateurs une nouvelle journée de spectacle aérien le samedi 14 juillet 2018 et de nouveau avec une entrée gratuite, bravo. Et en plus le soleil est de la partie. Bien sur vous allez revoir pas mal d’avions que j’ai présenté dans l’article « Epern’Air Show organise un meeting crépusculaire » mais aussi quelques nouveaux.

Par cette chaleur , il faut savoir s’organiser à l’ombre des avions ©Xavier Cotton

Le spectacle a commencé vers 13H30 par un défilé de soldats et autres personnages et véhicules  de la guerre 14 dont un taxi de la Marne, mais ce coté commémoration d’une guerre dont il n’y a plus de survivant, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Le meeting aérien en lui même commence tranquillement vers 14h00 par la présentation du Sopwith-PUP présenté par Thierry Roussel

SE-5 F-AZCY de l’AJBS piloté par Jean-Pierre Lafille @Xavier Cotton

Quand un avion tel que le SE-5 évolue aux mains d’un virtuose du manche à balais tel que Jean-Pierre Lafille, on a l’impression de voir jouer du Mozart dans le ciel. C’est rare que je fasse dans le lyrique, mais là, je ne pouvais rater cette occasion. Il faut dire qu’avec ses 87 printemps, Jean-Pierre Lafille a eu le temps d’accumuler des milliers d’heures de vol sur une bonne centaine d’avions différents,

Morane-Saulnier Type H « réplique » ©Xavier Cotton
Fokker type I réplique ©Xavier Cotton
Nieuport 28 (LX-NIE) piloté par Thierry Roussel ©Xavier Cotton
SE-5 (F-AZCN) del’AJBS piloté par Edmond Salis ©Xavier Cotton
MS317 (F-BFZK) piloté par Jean-Marc Viard ©Xavier Cotton
KLEMM 35 F-AZTK piloté par Thierry Klemm ©Liliane Cotton
Bücker Jungmann  (D-EEQP) piloté par Martial  Vegezzy ©Xavier Cotton
Extra 330SC (F-HIGS) piloté par Alex Hory ©Xavier Cotton
La Patrouille de France 2018 ©Xavier Cotton
DHC-1 Chimpunk (F-AZUU) piloté par Paul-Eric Vezzard ©Xavier  Cotton
Duo de Boeing Stearman , N456N en rouge et jaune piloté par Francis Pelletier et F-AZGR vert et jaune piloté par Jean-Marc Viard ©Xavier Cotton
T6 F-AZSC piloté par Cedric Jacopin ©Xavier Cotton
Team Swift ©Xavier Cotton
YAK50 SP-YEH piloté par Etienne Verhellen ©Xavier Cotton
Hawker Sea Fury Mk11  (F-AZXJ) piloté par Christophe Jacquard ©Xavier Cotton
Duo de Flamant : MD312 (nez jaune) (F-AZGE) et MD311 (verrière de nez)  (F-AZKT) de l’Amicale des Avions Anciens d’Albert ©Xavier Cotton
Duo de Pitts (G-INDY et N51PS) ©Xavier Cotton
La patrouille Sparflex sur L39 (LX-MIK et LX-STN) piloté par Aymeric de Valence et Michel Soutiran ©Xavier Cotton

Le meeting se termine ainsi avec la patrouille Sparflex qui nous fait une très belle présentation. Vous pourrez voir d’autres photos du meeting sur l’album Flickr : 2018 Meeting d’Epernay.


La Patrouille de France : Série 2016

la Patrouille de France PAF

La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun : passage à l’anglais en grand flèche ©Xavier Cotton

A travers ces photos réalisées au meeting de Verdun  (28 août 2016), je vais vous présenter quelques figures non exhaustives du programme 2016 de la Patrouille de France . Le spectacle commence commence par un très classique mais néanmoins très agréable « passage à l’anglaise » en grande flèche des huit Alphajet qui constituent la PAF. Le passage à l’anglaise est une figure très prisée des photographes car leur elle leur laisse le temps de bien cadrer le sujet, permettant de très belles vues de l’avion vue de dessus. Le leader N°1 est suivi du charognard N°4, à droite se trouvent les n°2,6 et 8, à gauche les n°3,5 et 7

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : Saturne en diamant ©Xavier Cotton

la Patrouille de France PAF

La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : formation diamant ©Xavier Cotton

Le seconde figure s’appelle « Saturne en diamant » la Patrouille en formation diamant constituée de d’une flèche à 5 avions et d’une flèche à 3 avions. Le bloc de 8 avions arrivent de la gauche du public  se met en virage à gauche en montée tout en passant sur le dos, puis redescendant face au public et par un large virage se réaligne sur l’axe pour arriver par la droite du public

la Patrouille de France PAF

La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : formation losange ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun : formation canard ©Xavier Cotton

Dans la figure suivante la PAF arrive au complet formant un losange pour une boucle incliné à 45° par rapport à la verticale Suivant d’une deuxième demie-boucle pour se présenter au public en sens inverse en formation canard.

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : tonneaux simultanés ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : croisement des N°7 et N°8 ©Xavier Cotton

Si le croisement des deux solos de la PAF est parfait, le photographe a encore besoin d’un peu d’entrainement pour bien cadrer et les deux avions 😉

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : passage dos du N°8 ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : croisement de face du box avant ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : Shériff  box arrière ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : Persienne ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : Apach (box avant + exterieurs) ©Xavier Cotton

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La Patrouille de France 2016 au Meeting de Verdun  : Éclatement final ©Xavier Cotton

Site officiel de la Patrouille de France : http://www.patrouilledefrance.fr/

Quelques photos personnelles de la Patrouille de France à différents meetings : https://www.flickr.com/photos/passiondesavions/albums/72157647806045658


La Patrouille de France va survoler Perros Guirrec les 21 et 22 août

La Patrouille de France ©Xavier Cotton
Pour la 33e fois la Patrouille de France va présenter son prestigieux show aérien à Perros-Guirec, les 21 et 22 août. Un nouveau rendez-vous exceptionnel avec la Cité des hortensias qui est la marque d’une relation privilégiée.
L’édition 2015 aura une saveur particulière. En effet Ploumanac’h, village emblématique de la commune de Perros-Guirec, a été élu Village préféré des Français. Un cadre magnifique que les pilotes connaissent bien et qu’ils auront à nouveau plaisir à survoler.
Le 21 août sera consacré à l’entraînement de la Patrouille (15 h 15). Après l’entraînement, les pilotes viendront rencontrer leur public, au car-podium devant la plage de Trestraou (17 h). Un moment toujours chaleureux et amical.
Et le 22 août, les Alphajets de la Patrouille de France passeront au-dessus des bateaux des 24 h de la voile, pour saluer le départ (15 h) de cette épreuve qui se dispute dans la commune voisine de Trégastel.
Le show qui suivra (15 h – 15 h 30) promet d’être inoubliable. Comme à chaque fois à Perros-Guirec, la Patrouille de France vient pour impressionner et enchanter.

À consulter : le site internet de la Patrouille de France

Les meilleurs endroits pour assister au spectacle de la patrouille de France


La Patrouille de France est née à Reims…

La PAF meeting de Reims 2009 ©Frédéric Lafarge

La Patrouille de France est née à Reims…
Jeudi 24 octobre 2013 à 18h30
Centre Audiovisuel Saint-Jean-Baptiste de La Salle
20, rue de contrai, Reims

L’Association Nationale des Officiers de Réserve de l’Armée de l’Air (ANORAA) du secteur 170 « Champagne-Ardenne » présidée par le capitaine Laurent Marchwant, l’Association Edmond Marin la Meslée présidée par Hervé Chabaud, vous prient de leur faire l’honneur d’assister à la soirée qu’elles organisent pour célébrer : le 60e anniversaire de la création de la Patrouille de France à Reims. 
Conférence du colonel de la réserve citoyenne Hervé Chabaud et de Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, sur le thème de la naissance de cette prestigieuse patrouille acrobatique, complétée par une intervention de Jean-Pierre Calka, coauteur d’ouvrages publiés sur l’histoire de la base aérienne 112.
Avec la participation du général d’armée aérienne Jean-Pierre Job, Ancien chef d’état major de l’Armée de l’air (2000-2002) et leader de la Patrouille de France de 1975 à 1976.
Exposition de maquettes d’avions – Entrée gratuite 
Renseignements au 06 44 16 41 27

                                 

PATROUILLE DE FRANCE vs RAFALE (AIRBORNE FILMS)


PATROUILLE DE FRANCE vs RAFALE www.patrouilledefrancelefilm.com from AIRBORNE FILMS on Vimeo.

Rendez vous sur le site patrouilledefrancelefilm.com DVD disponible maintenant sur Amazone.fr / pre-commande / sortie au salon du bourget
La PATROUILLE DE FRANCE comme vous ne l’avez jamais vue. Un film de Eric MAGNAN, produit par François-Olivier ROBIN & Eric MAGNAN – AIRBORNE FILMS
« PATROUILLE DE FRANCE », c’est l’histoire d’une passion et d’une fidélité. Le réalisateur, pilote et esthète Eric Magnan à qui l’on doit notamment les très remarquées séquences aériennes du long-métrage Les Chevaliers du Ciel, a déjà filmé ce corps d’élite et les pilotes ont trouvé tout naturel qu’il réalise le film événement à l’occasion du 60ème anniversaire de la Patrouille de France.

 


Meeting exceptionnel à Salon de Provence pour les 60 ans de la PAF

Découvrez la première bande-annonce officielle du film sur la patrouille réalisé par Eric Magnan.

Le dimanche 26 mai 2013 de 10h00 à 18h00 aura lieu un meeting aérien exceptionnel gratuit ouvert au public (100 000 spectateurs attendus) sur la base aérienne de Salon de Provence où la Patrouille de France est stationnée depuis 1964
L’ensemble des patrouilles Européennes sera présente en l’honneur des 60 ans de la PAF. Vous pourrez voir les Red Arrows britanniques, les Frecce Tricolori italiens, la Patrouille Suisse, les Iskri polonais, les Red Devils belges, les Aguilas espagnols et les Kril Oluje croates sont déjà annoncés. Il faudra peut être s’attendre à d’autres surprises comme la marche verte marocaine ou la patrouille russe Striji sur Mig 29

Ce superbe plateau sera complété par des présentations  de l’Armée de l’Air tel que le « Rafale Solo Display » et deux Mirage 2000 en présentation tactique.  Vous pourrez aussi voir le « duo », élaboré par l’Equipe de Voltige (EVAA) sous la direction artistique de la chorégraphe Kitsou Dubois. L’Aviation Légère de l’Armée de Terre présentera deux EC665 Tigre en simultanée. Une large exposition statique compétera le show aérien.
Et bien sur la PAF clôturera ce meeting de la façon la plus élégante dont elle est capable

Durant l’année dernière, Eric Magnan et l’équipe d’Airborne Film ont filmé la Patrouille de France afin de réaliser un film pour ses 60 ans. Le DVD sera très bientôt disponible.

Source :
http://www.60ansdelapaf.fr/ 
http://www.patrouilledefrance.fr 
http://airbornefilms.fr/


Il y a soixante ans : Reims, berceau de la Patrouille de France !

Le décollage des quatre Republic F-84G Thunderjet de la « Patrouille de France » sur la base aérienne 112 de Reims en 1953.
2013 marque le soixantième anniversaire de l’une des plus prestigieuses formations acrobatiques du monde : la Patrouille de France, dotée d’Alphajet depuis 1981. Pour célébrer l’événement, la base aérienne 701 de Salon-de-Provence ouvrira ses portes au public tout un week-end, les samedi 26 et dimanche 27 mai prochains, pour un spectacle aérien – que l’on promet époustouflant – au cours duquel on ne manquera pas de rappeler les circonstances de la création de cette patrouille, qui tire ses origines d’une formation à quatre appareils née sur la base aérienne 112 de Reims au tout début des années cinquante…

En 1952, la 3e escadre de chasse, formation stationnée sur la base aérienne 112 de Reims, fut désignée pour être l’ambassadrice de l’Armée de l’air à un meeting aérien organisé à Lyon. Dans la précipitation, une patrouille acrobatique composée de quatre Republic F-84G Thunderjet et conduite par le commandant Pierre Delachenal (commandant en second de l’escadre) fut mise sur pied… et une toute première « prestation d’ensemble » put être présentée à Épernay le 2 juin.

Les Republic F-84G Thunderjet de la « Patrouille de France », emmenés par le commandant Pierre Delachenal, photographiés en formation. En 1953, furent les équipiers du commandant les lieutenants Jean Dellac et Jean Petit de l’escadron de chasse 01.003 « Navarre » et les lieutenants Gaston Le Cong et Jean Villain du 02.003 « Champagne ».
 À l’issue de la démonstration réalisée le dimanche 6 juillet à Lyon, Pierre Delachenal fut quelque peu déçu par le spectacle offert au public. Aussi se résolut-il à créer une patrouille plus « homogène ». Il travailla entre autres à la mise au point d’une figure particulièrement spectaculaire qui consistait à éclater la patrouille à la verticale en direction des quatre points cardinaux puis, au top, à demander aux quatre chasseurs de faire demi-tour, ce qui les amenait à se croiser deux par deux avec un décalage de quelques mètres seulement (vues du sol, les trajectoires semblaient se croiser en un seul et même point).
Représentés au cours d’une séance d’entraînement exécutée à la verticale de la base aérienne 112, la Cité des Sacres se devinant en arrière-plan : les quatre Republic F-84G Thunderjet, de la 3e escadre de chasse brillamment emmenés par le commandant Pierre Delachenal. La figure représentée sur cette aquarelle signée Henri Wénisch et datée de 1954 – qui fut longtemps exposée sur la BA 112 et constitue peut-être la plus ancienne représentation artistique de la « PAF » – est plus particulièrement celle dite du « tonneau lent ».

Pour l’année 1953, sur demande de l’état-major de l’Armée de l’air, le 1er commandement aérien tactique (1er CATac) désigna la 3e escadre de chasse de Reims unique formation aérienne équipée d’avions de combat en charge de représenter l’Armée de l’air aux meetings aériens programmés au cours de l’année. Et c’est lors du premier meeting de cette longue série, organisé le dimanche 17 mai à Alger, sur le terrain de Maison-Blanche, avec la participation des prestigieuses formations acrobatiques américaine (les Skyblazers), britannique et italienne, que Jacques Noetinger, commentateur officiel des meetings nationaux et ancien pilote de chasse, utilisa avec enthousiasme, pour la toute première fois, le patronyme national de « Patrouille de France » pour désigner la formation constituée par les quatre chasseurs rémois. La « formule-choc » frappa les esprits et cette appellation, qui fut retenue dans leur édition du lendemain par plusieurs quotidiens de la presse algéroise qui tinrent à saluer la performance des Thunderjet de la BA 112, fut finalement conservée lors du XXe Salon aéronautique de Paris-Le Bourget et lors d’autres meetings aériens. Elle fut, dès lors, définitivement acquise.

L’année suivante, l’état-major de l’Armée de l’air retint d’autres appareils pour constituer la  « PAF » : des Marcel Dassault MD-450 Ouragan, avions mis en œuvre par la 2e escadre de chasse stationnée sur la base aérienne 102 de Dijon.

Auteur : Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA 112 et de l’Aéronautique locale (Reims), chargé de relations publiques et délégué au patrimoine historique de la base aérienne 102 de Dijon. Mars 2013.

Les huit Alphajet de la Patrouille de France photographiés à la verticale des installations de la base aérienne 112 de Reims le lundi 27 juin 2011, trois jours avant sa dissolution officielle. Un passage plein de panache pour un ultime salut à la base qui la vit naître cinquante-huit ans plus tôt ! ©Frédéric Lafarge

Sources :  

Jean-Pierre Calka, Frédéric Lafarge : « La BA 112 de Reims, histoire d’une grande base aérienne », Marines Editions, Rennes, 2010. ISBN 978-2-35743-040-2
Jean-Paul Philippe : « La Patrouille de France, cinquante ans de panache », Librairie académique Perrin, Paris, 2002.