Catégorie : Aviation de collection

Le Klemm 35D de Thierry Klemm

Klemm 35D F-AZTK de Thierry Klemm au meeting de Verdun de 2016 ©Xavier Cotton

Quand Thierry Klemm alors en formation de pilote privé apprit qu’un avion portait son nom, il se jura d’en acquérir un afin de le piloter. Malgré sa très grande rareté, il finit par en trouver un en état de vol en Allemagne. Lors du 1er contact téléphonique, le propriétaire allemand eut du mal à croire que Thierry portait le même nom que son avion, bien que n’ayant aucun lien de parenté avec le constructeur.

Thierry KLEMM donne ses conseils à son jeune coéquipier à l’occasion du Free Flight World de Chambley 2016 ©Xavier Cotton

En 1934, c’est sur la demande express du ministère de l’air allemand que Hans Klemm conçu le Klemm 35 successeur de son Klemm 25, avion à succès. Le Klemm 35 est un monoplan à aile basse en W, biplace en tandem et train classique fixe. Il a un fuselage constitué d’une armature métallique entoilée alors que les ailes et l’empennage sont en bois et toile.

Thierry Klemm à bord de son Klemm 35D F-AZTK au Meeting d’Epernay 2018 ©Xavier Cotton

Le Klemm 35D est une version, équipé d’un moteur Hirth plus puissant, le HM5042-2, 4 cylindres en ligne de 105 cv. Le Klemm 35D numéro de série 1854 commença sa carrière en 1940 dans la force aérienne suédoise sous le matricule Fv 5020, puis fut vendu en 1948 et prit l’immatriculation civile SE-BHR. en 1956 il fut racheté par l’aéro-club de Braunschweig près de Hanovre et fut immatriculé D-EBIB. Après un passage dans une école de mécaniciens de la Lutftwaffe où il aurait pu finir à la feraille, Helmut Röhl le racheta pour le restaurer et le fit immatriculer D-EHKO. puis passant entre les mains de plusieurs propriétaires allemands et suisse, il fut acquis par Fridolin Zuchmaier à qui finalement Thierry Klemm le racheta en 2007. Il le rapatria à Doncourt-les-Conflans et le fit immatriculer en avion de collection F-AZTK (TK comme Thierry Klemm justement. Depuis ce temps on peut le voir régulièrement dans les meetings aériens.

Klemm KL35D F-AZTK de Thierry Klemm et Stampe SV4 F-GKEB au meeting de Saint Quentin Roupy 2014 ©Xavier Cotton

Vous pouvez avoir plus d’informations à son sujet dans l’article paru dans le Fana de l’Aviation n°607 de juin 2020.

Klemm KL35 F-AZTK de Thierry Klemm au meeting de Saint Quentin Roupy ©Xavier Cotton

Le choix du noir et blanc (épisode 5)

Deux MS317 au meeting de Saint-Quentin-Roupy 2014, le F-BCNL piloté par Jack Krine et le F-BGUV piloté par Jean-Luc Chenetti ©Xavier Cotton

Comme je l’avais indiqué dans “Le choix du noir et blanc” certaines photos aéronautiques m’inspirent pour les passer en noir et blanc, tout en leur donnant un aspect intemporel, cela permet de souligner des formes, des ombres et reflets. Cette fois-ci j’ai choisi de vous montrer des avions volant à deux sur le thème “D’hélices et nuages

Surtout n’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos critiques pour donner votre avis.

Au meeting de Saint-Quentin-Roupy 2014, le Klemm KL35 F-AZTK piloté par Thierry Klemm et le Stampe SV4 F-GKEB piloté par Patrick CANCELLI ©Xavier Cotton
Bücker 131 Jungmann (F-PBSE) piloté par Edmond Salis et Fokker Dr.I Dreidecker (F-AYDR) au meeting de Saint Quentin-Roupy 2014 ©Xavier Cotton
Lockheed P-38L Lightning N25Y piloté par Raimund Riedmann et Vought F4U-4 Corsair OE-EAS piloté par Eric Goujon à La Ferté Alais en 2013 ©Xavier Cotton

Si vous souhaitez voir les épisodes précédents en voici la liste :


LE TEMPS DES HELICES – 48ème EDITION NOUVELLES DATES : LES 29 & 30 AOUT 2020

LE TEMPS DES HÉLICES – 48ème ÉDITION

NOUVELLES DATES : LES 29 & 30 AOUT 2020

La Ferté-Alais, le 20 avril 2020. Conséquence de l’évolution des mesures sanitaires liées à la pandémie de coronavirus et des restrictions actuelles en France et dans le monde, l’Amicale Jean-Baptiste Salis (AJBS), co-organisatrice avec l’Aéro-Club de France du meeting aérien Le Temps des Hélices, a décidé de reporter l’évènement initialement prévu les 30 & 31 mai.

La 48ème édition du Temps des Hélices se déroulera les 29 & 30 août 2020 – sous réserve des directives gouvernementales – sur l’aérodrome de La Ferté-Alais dans l’Essonne, à 50 km au Sud de Paris, et constituera le premier meeting aérien de la rentrée. Organisée pour la première fois en 1970, cette manifestation aérienne s’est développée au fil des ans grâce aux efforts de l’Amicale Jean-Baptiste Salis, pour devenir l’un des meetings les plus réputés au monde.

Ce rendez-vous incontournable dans l’agenda des grands évènements aéronautiques internationaux se démarque par sa piste en herbe historique et la priorité donnée aux aéroplanes du début du siècle dernier qui virent les pionniers Clément Ader, Louis Blériot, Roland Garros et consorts, écrire les premières pages de l’histoire de l’aéronautique. L’évènement met également en exergue les avions engagés durant la Première et la Seconde Guerre mondiale avec la présence de nombreux modèles qui marquèrent les deux conflits.

Le Temps des Hélices met en scène l’histoire de l’aviation, ancienne et moderne, civile et militaire, au travers de la présence de 150 appareils exposés, dont une centaine sera également présentée en vol, offrant notamment des reconstitutions de combats aériens avec effets sonores et pyrotechniques. Au sol, véhicules anciens et militaires, figurants en costume d’époque et uniforme complèteront ces tableaux historiques.

Cette 48ème édition sera également l’occasion pour les organisateurs de proposer un retour aux sources de l’évènement et de rappeler que cette célébration de l’aviation a débuté il y a cinquante ans par une fête aérienne organisée par une poignée de passionnés sur l’aérodrome de La Ferté-Alais.

LES SPECTATEURS AUX PREMIÈRES LOGES

Chacune des deux journées du meeting sera organisée autour de deux temps forts. La matinée sera réservée à une grande exposition statique accessible aux visiteurs. Les organisateurs du Temps des Hélices privilégiant la plus grande proximité entre les spectateurs et les acteurs de la manifestation, chacun pourra venir admirer de près les quelque 150 avions historiques et rencontrer les mécaniciens et pilotes qui les maintiennent en état de vol. Le matin sera aussi l’occasion de pouvoir s’envoler pour une balade aérienne au-dessus de l’Essonne à bord d’avions et d’hélicoptères.

L’après-midi sera consacrée à une succession de démonstrations en vol et de shows aériens réalisés par une centaine d’avions, dont les Alphajet de la célèbre Patrouille de France. Au total, Le Temps des Hélices proposera chaque jour aux spectateurs six heures d’un spectacle aérien ininterrompu avec plusieurs appareils en vol simultanément (une spécificité de ce meeting) commenté par le pilote, journaliste et historien de l’aéronautique Bernard Chabbert.

LE VILLAGE DU TEMPS DES HÉLICES

Lieu privilégié de rencontres, d’échanges et d’animations, le Village du Temps des Hélices situé au cœur du terrain offre aux visiteurs l’occasion de découvrir l’univers de l’aéronautique au travers de ses nombreux exposants et boutiques proposant restauration, animations (concerts, simulateurs de vol, manèges, séances de dédicaces) et articles de toutes sortes (livres, BD, maquettes, vêtements et accessoires…).

LE TEMPS DES HÉLICES EN CHIFFRES

  • 48ème édition, les 29 & 30 août à Cerny/La Ferté-Alais (91)
  • 150 avions exposés le matin
  • 100 avions présentés en vol l’après-midi
  • 6 heures de spectacle ininterrompu chaque jour
  • 40.000 spectateurs
  • 800 baptêmes de l’air

www.letempsdeshelices.fr


MiG-15 présenté en meeting

Le Mig-15 (N104CJ) piloté par Kenneth AARKVISIA au meeting Paris Air Legend 2019 à Melun-Villaroche ©Xavier Cotton

Cette année à l’occasion de la deuxième édition de Paris Air Legend à Melun-Villaroche, le MiG-15 est l’avion qui crève l’affiche. D’après mes sources, cela fait au moins 20 ans que ce type d’avion a été présenté en vol en France… En conséquence l’avoir vu évoluer ce week-end était vraiment exceptionnel. Cela aurai pu l’être encore plus, car Il devait être présenté avec le North-American F-86 Sabre de Fréderick Akary et devaient tous les deux simuler un combat aérien  comme  quand ils s’affrontaient durant la guerre de Corée (1950-53). Malheureusement le F-86 Sabre est resté bloqué en Autriche à cause de pluies diluviennes.

Le Mig-15 (N104CJ) piloté par Kenneth AARKVISIA au meeting Paris Air Legend 2019 à Melun-Villaroche ©Xavier Cotton

Le Mikoyan-Gourevitch MiG-15 est le premier avion de chasse à réaction construit en grand série par l’URSS , soit environ 18 000 exemplaires. Le premier vol eu lieu en décembre 1947 et son entrée en service en 1949.

L’exemplaire présenté ce week-end est un SB Lim-2, version biplace du MiG-15UTI. Fabriqué en 1952, il fut affecté à la force aérienne polonaise avec le numéro 104 jusqu’en 1990 où il fut retiré du service.

Il est expédié et stocké aux USA de 1993 à 1999. Ensuite, après avoir été remis en état de vol par l’Américan Restoration & support LLC de Forks dans l’état de Washington avec l’immatriculation N104CJ, Il fut vendu finalement en 2004 à la collection norvégienne Air force Historic Squadron qui le fait voler aux cotés de deux De Havilland Vampire.

Le MiG-15 (N104CJ) piloté par Kenneth AARKVISIA au meeting Paris Air Legend 2019 à Melun-Villaroche ©Xavier Cotton

Les couleurs portées par le Mig-15 rendent hommage à Youri Gagarine qui se tua aux commande d’un MiG-15 en 1968. Il y a aujourd’hui 12 MiG-15 en état de vol dans le monde dont trois exemplaires en Europe de l’Est

Le MiG-15 (N104CJ) au meeting Paris Air Legend 2019 à Melun-Villaroche ©Xavier Cotton

Air force Historic Squadron : https://www.historicalsquadron.com/


Le “Catalina” N9767 de France’s Flying Wardbirds retourne au USA

Consolidated PBY-5A “Catalina”  N9767 aux couleurs de Jacques-Yves Cousteau de  France’s Flying Warbirds lors du Paris Air Legend 2018 à Melun-Villaroche ©Xavier Cotton

D’après une brève du Fana de l’aviation (N°596 Juillet 2019) France’s Flying Warbirds s’est séparé de son Consolidated PBY-5A “Catalina”  immatriculé N9767. Celui-ci à décollé le 14 juin dernier de Melun-Villaroche pour rejoindre sa nouvelle base Eugene dans l’Oregon

Le “Catalina” N9767 construit au Canada en 1942 fut tout d’abord affecté à la Royale Canadian Air Force sous le matricule 9767 et basé à Reykjavik en Islande. Après son retour dans le civil en avril 1946, il resta longtemps au Canada avant d’être  acheté par Franklin Devaux qui le ramena en France en 1995. Sous le nom “la princesse des étoiles”,  il servit dès octobre 95 de régie volante et d’appareil d’exploration en Afrique à la fameuse émission de télévision animé par Nicolas Hulot : “Opération Okavango”. Durant un an et demi, sa mission l’emmena à Djibouti,  aux Comores, au Kenya, et en Éthiopie avec un seul ennui mécanique, la rupture d’un cylindre dont la réparation prit quelques heures entre deux vols. En 1998 Il refit “La ligne” sous les couleurs d’Air France de l’époque au départ de Toulouse jusqu’en Amérique du Sud en passant par Dakar,  soit 13 000 km. Depuis 2010, le N9767 qui avait rejoint France’s Flying Warbirds  nous régalait par sa présentation majestueuse en vol à l’occasion de nombreux meeting aérien. Comme pourrait dire Nicolas Hulot, les baies vitrées à l’arrière de l’aile sont de véritables “balcons sur le monde”. Pour en savoir plus sur l’histoire de “la princesse des étoiles” allez sur la page du site de France’s Flying Warbird dédié au Consolidated PBY “Catalina” en espérant que celle ci reste affichée malgré son départ.

Consolidated PBY-5A “Catalina”  N9767 aux couleurs de Jacques-Yves Cousteau de  France’s Flying Warbird lors du meeting aérien du Bourget 2018 organisé pour les 120 ans de l’Aéro-Club de France ©Xavier Cotton

Sur les 4000 appareils produits, il fait actuellement parte de la quinzaine en état de vol dans le monde et était le seul en France. Nous souhaitons longue vie au N9767.


Le “Corsair” F-AZEG récompensé pour sa restauration

Chance-Vought F4U-5NL “Corsair” F-AZEG présenté le 8 septembre 2018 à Melun-Villaroche lors du “Paris-Villaroche Air Legend”©Xavier Cotton

L’histoire du F4U-5N de la collection Salis commence le 26 septembre 1951, lors de la prise en charge par l’US Navy. Après avoir  été convoyé en Corée en avril 1952, il a effectué un premier tour d’opération comme chasseur de nuit sur le USS “Valey Forge” qui a duré trois mois et à partir d’Août 1953 un second de neuf mois  sur le USS “Boxer”. En 1956, il est vendu à la “Force Aérienne du Honduras”.

Vought F4U-5NL Corsair F-AZEG présenté en statique le 23 mai 2010 à l’occasion du meeting “Aux temps des hélice à la Ferté-Alais ©Xavier Cotton

En 1979, on le retrouve dans des collections américaine avant d’être acquis en 1986 par Jean Salis qui le fit transporter par bateau jusque Rotterdam puis transiter par le Havre. C’est à partir du 11 décembre 1986 qu’il fut immatriculé F-AZEG selon le registre de la DGAC. Il fut présenté en meeting aérien jusqu’à son retour à la Ferté-Alais après de celui de Duxford du 14 juillet 2002. A partir de là, il est resté dans son hangar pendant 4 ans jusqu’à ce que Baptiste Salis et une équipe de bénévoles de l’association les Casque de cuir décident de le restaurer. Il ne savaient pas que cela durerait presque 10 ans avant de le revoir en vol  le 9 ami dernier à l’occasion du meeting “Aux temps des hélices” qui se tient chaque année sur le plateau de Cerny à la Ferté Alais .

Chance-Vought F4U-5NL “Corsair” F-AZEG présenté le 8 septembre 2018 à Melun-Villaroche lors du “Paris-Villaroche Air Legend”©Xavier Cotton

Le mercredi 24 octobre 2018, c’est dans les locaux de l’Aéroclub de France que sa présidente Catherine Maunoury à remis (dotée de 15 000€) la coupe GIFAS à l’association “les Casques de Cuir” pour la récompenser de la qualité de restauration du Chance Vought “Corsair” F-AZEG.

Chance-Vought F4U-5NL “Corsair” F-AZEG présenté le 8 septembre 2018 à Melun-Villaroche lors du “Paris-Villaroche Air Legend”©Xavier Cotton

Sources de informations :

Le Fana de l’aviation n°589 de décembre 2018


Vol en Boeing Stearman au dessus du bassin d’Arcachon

Bassin d’Arcachon ©Antoine Chabbert

Survoler le bassin d’ Arcachon par un ciel azur, parsemé de jolis cumulus blancs, le tout dans un avion historique dont le moteur ronronne à la perfection,  n’est ce pas un joli rêve pour tout pilote ?

Même si vous n’êtes pas pilote, mais que vous avez quelque intérêt pour les belles machines, le survol de ce site extraordinaire vous laissera des souvenirs inoubliables. Alors si ce vol à bord d’un mythique Boeing Stearman PT-17 de 1940 vous fait rêver, n’hésitez à vous l’offrir !

Vous trouverez les disponibilités et les tarifs pour faire un vol sur le site By Plane

Les hangars avions de l’aérodrome d’Andernos ©Xavier Cotton
Antoine donne ses consignes ©Liliane Cotton

Le grand jour de ce vol est arrivé. Vous voulez être serein, mais vous ne pouvez vous empêcher d’y penser depuis la veille au soir.

Bien sûr vous arrivez au terrain au moins une heure avant le rendez-vous donné – si ce n’est plus –  tellement vous êtes impatient de voir ce biplan jaune et bleu et de vous imprégner de l’ambiance du terrain.

Alors que vous êtes appuyé contre la barrière, limitant l’accès du parking avion aux seuls usagers, un pilote en combinaison, le foulard blanc noué autour du cou, semble s’avancer vers vous. Son allure pourrait vous faire penser qu’il a croisé le petit Prince dans le désert.

Il faut dire qu’Antoine Chabbert a reçu en héritage familiale cette passion pour le monde de l’aviation, son histoire et ses belles machines. Son grand-père volait pour l’Aéropostale et Bernard,  son père, est journaliste aéronautique et présentateur de meeting aérien. Le soir, ce dernier devait certainement bercer Antoine de sa voix chaude en lui contant des histoires de l’aviation comme celle d’Amelia Earhart qui tenta en 1937 le tour du monde en solitaire à bord d’un Lockheed 12A Electra.

Après vous avoir fait enfiler un blouson de cuir et fait monter en place avant du Stearman, Antoine vous donne les dernières consignes de sécurité avant le vol en particulier comment  évacuer de l’avion en cas d’urgence sous son ordre, exactement comme c’est fait  dans un avion de ligne avant son départ. Et puis, une fois le casque de cuir sur la tête, les écouteurs sur les oreilles et la “check-list avant mise en route” effectuée, Antoine appui sur le démarreur et, après quelques nuages de fumée blanche, le moteur – Continental R670 de 7 cylindres en étoile – tourne comme une horloge prêt à  délivrer ses 220 CV .

Boeing Stearman PT-17 F-HAME ©Liliane Cotton
Boeing Stearman PT-17 F-HAME ©Liliane Cotton

Après avoir remonté le taxiway qui mène au seuil de piste 31 et s’être assuré qu’il n’y a personne en finale, l’avion pénètre sur la piste et s’aligne sur l’axe. Antoine effectue la “checklist avant décollage”, puis met les gaz progressivement, de manière à bien maitriser l’accélération du biplan. Quand la vitesse est suffisante pour que la gouverne de profondeur soit soufflée, le pilote pousse le manche en avant de façon à soulager la roulette de queue, le Boeing Stearman se trouve alors  en “ligne de vol”,  puis atteignant les 60 nœuds, Antoine décolle l’avion et vire par la droite pour revenir vers Biganos au fond du bassin d’Arcachon.

 

Le banc d’Arguin ©Antoine Chabbert

Pendant le vol, Antoine  ne se lasse pas de me raconter ce pays qu’il aime, me montrant les parcs à huitres entre Lanton et Audenge, puis Arcachon et son port de plaisance,

Ensuite, avec l’autorisation des militaires, nous mettons le cap sur le banc d’Arguin, qui protège l’entrée du bassin d’Arcachon, en respectant  l’altitude maximum autorisée de 1000 pieds. Ce qui nous convient très bien pour survoler cet endroit magique.

Il me raconte comment un entrepreneur en bâtiment du Cap Ferret paye de ses propres deniers la construction d’une digue de sable pour protéger sa propriété de l’érosion naturelle de cette langue de terre.

Faisant un virage serré, Il me montre l’Ile aux Oiseaux et ses cabanes “tchanquées” (construites sur pilotis) situés au milieu du bassin.

Le banc d’Arguin ©Antoine Chabbert
Autoportrait ©Antoine Chabbert

De retour vers Andernos, Antoine me demande si je suis toujours d’accord pour faire un peu de voltige aérienne. Ma réponse enthousiaste ne lui laisse aucun doute !

Il enchaîne aussitôt une série de figures classiques de la voltige aérienne :

  • Un “huit paresseux” ou “lazy eight” ; la figure ressemble à celle d’un élastique plat que vous repliez en forme de 8  et dont vous remontez les extrémités.
  • Une “boucle” : l’avion évolue dans le plan vertical
  • Un “renversement” qui consiste à faire monter l’avion à la verticale jusqu’à avoir une vitesse quasiment nulle, le faire virer sur l’aile en bottant le palonnier, puis redescendre à la verticale (sans dépasser la vitesse maximum autorisée pour l’avion).
  • un “tonneau barriqué” : l’avion tourne sur lui-même autour d’un axe, comme s’il dessinait un pas de vis.

Voici une vidéo de cet enchaînement des 4 figures :

Cette vidéo est un extrait de celle enregistrée durant tout le vol par une caméra d’action fixée sur le hauban. Grâce à ce film offert à la fin du vol, vous pourrez revivre toutes vos sensations et les faire partager à votre entourage.

Après démonstration de la maniabilité de cet avion d’age vénérable et de l’habileté au pilotage d’Antoine, nous retournons vers le terrain d’Andernos,  finalisant ce vol magnifique par un “kiss landing”.

Merci Antoine, pour ce vol qui me laissera des souvenirs inoubliables !

Retour au bercail ©Liliane Cotton

Pour plus d’informations visitez le site by Plane Fly with us : http://stearman-passion.blogspot.com/


DOUGLAS AD-4 SKYRAIDER A Vendre

Douglas AD-4 Skyraider F-AZHK à La Ferté Alais en 2015 ©Xavier Cotton

Au cas où cela vous intéresserait, sachez que le Douglas AD-4 Skyraider F-AZHK  basé à Avignon est à vendre. Cette belle machine n’a que 148 heures de vol depuis restauration. Son prix n’est pas à la portée de toutes les bourses : 675 000 $ soit environ 595 110€, mais j’espère qu’il trouvera acheteur en France afin qu’on puisse continuer de le voir en meeting.

Pour plus de renseignements : http://courtesyaircraft.com/aircraft/f-azhk-douglas-ad-4-skyraider/

Douglas AD-4 Skyraider F-AZHK à La Ferté Alais en 2013 ©Xavier Cotton

Le Moynet Jupiter redécolle après près de 20 ans de restauration

Le 26 juillet, le Moynet Jupiter F-BLKY a effectué son « premier » vol aux mains de Christian Ravel, après près de 20 ans de restauration ©EAP

L’unique avion français bimoteur « Push-Pull » Moynet 360/6 Jupiter refait son premier vol à Angers Loire Aéroport (49) après près de 20 ans de restauration.

Espace Air Passion vient de remettre en vol l’unique avion français bimoteur « push-pull » Moynet 360/6 Jupiter sur l’Aéroport d’Angers Loire après une vingtaine d’années de travaux de restauration. Celle-ci avait en effet débuté sur l’aérodrome d’Avrillé dans les années 90. Les travaux avaient alors été interrompus par le transfert de la plate-forme aéronautique vers Angers Loire Aéroport à Marcé (49) pour reprendre en 2008.

A cette occasion, une journée de présentation de l’appareil aura lieu le vendredi 14 septembre 2018 à 11h00, veille des journées européennes du Patrimoine.

Une équipe de mécaniciens bénévoles et qualifiés

Le premier roulage a eu lieu le 7 juin 2018, et la visite de contrôle de l’OSAC (Organisme pour la Sécurité de l’Aviation Civile) a permis ensuite les essais. Cette restauration aura été menée par une équipe de mécaniciens qualifiés et bénévoles, grâce au soutien de la Fondation du Patrimoine, l’association AIRitage (Patrimoine Aérospatiale, Matra, Airbus), du mécénat d’entreprises et de donateurs privés.

Un avion unique

Ce bimoteur push-pull, imaginé par l’ancien pilote de chasse et homme politique français André Moynet, est donc le seul avion de ce type encore existant. Cet appareil est le deuxième prototype. Motorisé par deux moteurs Lycoming de 290 ch., il avait effectué son premier vol le 23 mai 1965. Bimoteur certifié, il n’est malheureusement jamais entré en production, et a été confié à l’association, Espace Air Passion/GPPA (Groupement de Préservation du Patrimoine Aéronautique).

En 2017, Espace Air Passion recevait le Grand Prix du Patrimoine aéronautique « Coupe GIFAS* et Aéro-club de France » pour la restauration de cet avion M 360-6 Jupiter .

Créé en 1981 et implanté depuis septembre 2000 sur la plate-forme d’Angers Loire Aéroport, Espace Air Passion s’enorgueillit d’être un musée vivant qui expose sur 3 500 m² des avions, des planeurs ayant marqué l’histoire de l’aviation, certains très rares, voire uniques au monde.

(*GIFAS : Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales.)

 

Caractéristiques générales du Moynet M.360/6 Jupiter

  • Capacité : 6 personnes (équipage inclus)
  • Longueur : 8.77 m
  • Envergure : 11.11 m
  • Hauteur : 2.32 m
  • Surface alaire : 16.30 m²
  • Poids à vide : 1,338 kg
  • Poids maximum en charge : 2,390 kg
  • Capacité carburant : 556 L
  • Propulsion : 2 x Lycoming IO-540-6-cylindres opposés horizontalement refroidis par air, de 290 ch (216 kW) chacun
  • Hélices : tripales Hartzell (vitesse constante)

Présentation

  • Vitesse maximum : 363 km/h (226 mph ; 196 kt) au niveau de la mer. chaque indication est estimée au poids maximum au décollage
  • Vitesse de croisière : 338 km/h (210 mph ; 183 kt) à 1,830 m (6 000 ft) et 75% de puissance
  • Autonomie : 2,060 km (1,112 nm) à 4,500 m (15,000 ft) et 45% de puissance
  • Taux de montée : 7,3 m/s (1,440 ft/mn) au niveau de la mer

 


Nieuport 28 LX-NIE

Réplique du Nieuport 28 (LX-NIE) de Thierry Roussel au meeting de Meaux 2018 ©Xavier Cotton

C’est en 1917 que Le Nieuport 28 conçu par Gustave Delage a commencé à voler en France. l’American Expeditionary Force (AEF) en fut doté et c’est aux commandes d’un Nieuport 28 de la 94e Escadrille qu’Eddie Rickenbacker (futur patron d’Eastern Airlines) est devenu le premier “As” américain.

Thierry Roussel a débuté la  construction de cette réplique  en 2010 et son premier vol a eu lieu en novembre 2011. L’avion est  peint aux couleurs de la 95e Escadrille basée à Chateau-Thierry. Il est  basé à Micheville (LF5422). C’est un kit Airdrome aeroplanes  équipé d’un moteur Rotec.

Source des informations

http://www.airdromeaeroplanes.com

https://lf5422.com

https://www.rotecaerosport.com/


Meeting de la Ferté-Alais 2018 : Les Hawker Sea Fury

Hawker Sea Fury Mk20 WG655 (G-CHFP) au meeting de la Ferté-Alais 2018 ©Xavier Cotton

Ce Hawker Sea Fury T Mk.20 WG655 (G-CHFP) de la Fighter Collection est présenté ici, à La Ferté-Alais par Nik Grey, Après avoir été cloué au sol de trop nombreuses années à cause de problèmes de mise au point du moteur original Bristol “Centaurus”, il a revolé le 22 février dernier à Duxford équipé cette fois-ci d’un moteur Pratt & Whitney R-2800 trahi par l’hélice quadripale qui remplace l’hélice 5 pales d’origine.

Construit en 1951, c’est le 59e “Sea Fury” d’un lot de 60 construits pour la Royal Navy. D’abord entreposé, il ne fut affecté qu’en mars 1954 sur la base de la Fleet Air Arm d’Eglington, Et après seulement 18 mois d’utilisation, il fut retiré du service en décembre 1955 et radié un an après. Racheté par Hawker, il fut remis à neuf et transformé en remorqueur de cible, vendu à l’Allemagne et immatriculé D-CACU où il fut utilisé jusqu’en 1975 pour la formation des pilotes au remorquage de cible. En 1976, l’avion a été donné au Royal Naval Historic Flight.

Hawker Sea Fury Mk20 WG655 (G-CHFP) au meeting de la Ferté-Alais 2018 ©Xavier Cotton

Le 14 juillet 1990, alors que le Sea Fury WG655 avait décollé de la base de Yeovilton afin d’effectuer une présentation au dessus  du circuit de Formule 1 de Siverstone, son moteur cassa. Le pilote , le Lt-cdr John Beattle n’eut d’autre choix que d’effectuer un atterrissage d’urgence dans un champ. Malgré un atterrissage réussi, le Hawker percuta deux arbres qui se trouvaient sur le terrain, et se brisa en trois,le pilote n’eut que légères blessure et son mécanicien assis à l’arrière eut plusieurs cotes cassées Après l’accident, l’épave fut  inspectée et l’avion jugé irréparable. Vendu pour pièces détachées en Nouvelle-Zélande où le mécanisme de pliage des ailes a été utilisé pour le Sea Fury ZK-SFR. En 1993, Chuck Greenhill, racheta l’épave et la fit expédier à Kenosha où Tim McCarter et son équipe sont allés travailler. Après des milliers d’heures de travail, le projet a commencé à ressembler à un Sea Fury, mais ayant autres projets de restauration en cours, il a été décidé d’expédier l’avion à Sanders Aeronautics, les «Rois du Sea Fury». Le 24 mai 2005, Brian Sanders effectua le premier vol après restauration du N20MD, la première fois que l’avion volait en 15 ans. Acquis par la Fighter collection en 2008, il fut présenté au Flying Legend de Duxford en 2009 puis rapidement arrété de vol à cause des problèmes récurrents lie au moteur Bristol “Centaurus”. la Fighter Collection s’est finalement résolue à remplacer le moteur Bristol “Centarus” par un moteur Pratt & Whitney R-2800 comme l’a fait Chrsitophe Jacquard sur son Sea Fury F-AZXJ (ci-dessous) après avoir cassé son moteur R-3350 lors du Flying Legend 2015

Le 13 mars le Sea Fury  précédemment enregistré sous N20MD est désormais immatriculé G-CHFP a effectué quatre nouveau vols et a réservé sa vedette au meeting de La Ferté-Alais avant d’être de nouveau présent les 14 et 15 juillet au Flying Légend de Duxford

Sources des informations :

The Fighter Collection : http://fighter-collection.com/cft/

Sanders aeronautics : www.sandersaeronautics.com

The Flying Legende : https://www.flyinglegends.com/

Le Fana de l’Aviation 581 d’Avril 2018

Hawker Sea Fury FB.11 F-AZXJ de Cristophe Jacquard ©Xavier Cotton

Le collectionneur bien connu de Dijon-Darois Christophe Jacquard après avoir eu de de nombreux Warbirds dans son écurie n’a plus aujourd’hui qu’un Spitfire  et un Sea Fury pour les meetings aérien, plus un petit avion d’agrément . L’appareil  d’un bleu superbe date de 1945.  Tous les chiffres de ce Warbird sont au superlatif, en effet, avec ses 2800 chevaux et 46 l. de cylindrée (18 cylindres en double étoile) il peut atteindre les 750 km/h en altitude. L’hélice de 4m10 de diamètre et la plus grande jamais montée sur un monomoteur à pistons ! Bien sur il faut nourrir cette puissance d’où une consommation  300 litres/h en vitesse de croisière, 800 litres/h en voltige… Et 25 heures d’entretien pour une heure de vol. À ce jour, il en reste moins de 20 Sea Fury en état de vol dans le monde entier


Meeting de La Ferté-Alais 2018 : les bal des MS317

le bal des Morane-Saulnier MS317 F-BFZK F-BCNL F-BGUV

Je sais que cet article fera plaisir à un ami qui vit outre-Atlantique et qui a eu le plaisir de voler sur le F-BCNL, il y a presque 70 ans  à Tarbes alors que cet avion était encore un MS315. Sur cette photo de gauche à droite on peut voir les MS317:

  • F-BFZK Cn/271   construit en 1945, basé à Saint-Dizier, appartient à sophie Peigné épouse Viard : habituellement piloté par Jean-Marc Viard
  • F-BCNL Cn/7527 construit en 1945, basé à La Ferté-Alais, appartient depuis 1979 à l’AJBS : habituellement piloté par Jack Krine
  • F-BGUV Cn/297   construit en 1946, basé à La Ferté-Alais, appartient depuis 2001 à Scaglia Florina

Les deux MS317 F-BCNL et F-BGUV au meeting de La Ferté-Alais 2018 ©Xavier Cotton

La firme Morane-Saulnier reçut une commande de 343 exemplaires du MS315 de la part de l’armée de l’air, dont 33 devaient être assemblés après la seconde guerre mondiale. Avion aux très bonnes capacités acrobatiques, puisqu’il fut employé par des pilotes de voltige tel que Joseph Thoret, capitaine Fleurquin (1er commandant de la patrouille d’Etampes). le MS.315 constitua de nombreuses années durant, l’épine dorsale des écoles de l’armée de l’air et vola également au sein de l’aéronavale. Au début des années 60, Une quarantaine de MS315 en état de vol, dont ceux-ci furent transformés en MS317 par une remotorisation (moteur continental W-670K 220cv), changement d’hélice, remplacement des roues pleines par des roues à pneumatiques, remplacement de la béquille par une roulette de queue. Les MS317 servirent au remorquage de planeurs jusque dans les années 80. Sauf erreur de ma part,  il en reste encore 21 en état de vol  en France.

Le MS317 F-BFZK au meeting de La Ferté-Alais 2018 ©Xavier Cotton