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Vol avec la PAF sur Fouga par Pierre Peyrichout

Melun 2019 Patrouille Tranchant sur Fouga-Magister ©Xavier Cotton

« Je m’étais donc rendu le 26 mai 1978 avec mon D119 à Salon de Provence pour un vol à bord de « La Patrouille de France » pour une répétition du programme de l’époque : un jour historique, inoubliable s’il en est. J’étais assis sur le siège arrière du Fouga-Magister piloté par Fauque – à l’aile droite de la patrouille. 

Le photographe, Frédéric Bunel (décédé le 30 septembre 2013, son pauvre cœur l’a lâché à 61 ans) était lui à l’aile gauche, son Fouga piloté par un nommé Marche. Nos emplacements aux extrêmes, permettant des évacuations plus rapides… au cas où.

Siège avant du Fouga-Magister ©Xavier Cotton

         « Un petit accroc cependant : les places arrières ne disposaient pas de systèmes pour brancher les combinaisons « anti-G ». Tout habillés en bleu, nous sommes donc montés avec parachutes et casques, mais non équipés des parties gonflables de la combinaison. Je me souviens d’un dossier en place arrière d’une horrible verticalité, loin de la timide inclinaison en place avant favorisant le confort du pilote.

        « Soigneusement brêlés par des assistants, nous n’avions plus qu’à fermer la verrière »…

        « Aujourd’hui, les Alphajets de l’actuelle Patrouille de France sont en fin de vie. Par qui seront ils remplacés ? Inutile de préciser que pour moi, les « Fouga-Magister » avec leur nom magique, leurs belles ailes droites qui ne pardonnaient pas la moindre imprécision, leur bidon de bouts d’ailes, et leur empennage papillon sont mes préférés. A leur bord, j’ai surtout vécu la plus belle expérience de ma vie de pilote, d’autant que nous sommes peu nombreux en France à avoir partagé ce privilège : VOLER AVEC LA PAF ».

         Pierre PEYRICHOUT

Éclatement par le haut de la Patrouille de France

LA PATROUILLE DE FRANCE

 Pierre PEYRICHOUT

            Avant la grande vadrouille du lendemain, il y a d’abord l’arrivée à Salon de Provence. Par les airs, et ce fut mon cas – ils s’en souviendront d’ailleurs longtemps à la base, de mon entrée de zone avec une radio qui marchait un coup sur deux alors que s’ébrouaient les Fouga en tour de piste. Par les airs donc, même le béotien en géographie voue à ce coin de France des qualificatifs plutôt élogieux. La garrigue, les chênes verts, la rocaille, le thym et les lapins qu’on y devine, tout ce décor s’étire entre la délicatesse de Daudet et la chaleur de Pagnol. Même Patricia, l’indulgente petite reine du « 122.10 » a cet accent charmant dont on perçoit illico la magnanimité. Merci encore. Salon, elle, est à l’image des environs : allées aux ombres généreuses, petites places et joueurs de pétanque attentifs, timides fontaines ruisselantes de fraîcheur, sous leur jupon de mousse. Bref, on a du mal à croire que ce soit un coin où l’on puisse faire un travail efficient avec toute la concentration nécessaire…

            A l’ouverture de la verrière, la température vous confirme les quelques degrés de l’altitude qu’on vient de dégringoler. Puis, pour vous mettre dans le coup dès l’immédiat : le souffle chaud des biréacteurs de la PAF au roulage avec leur odeur âcre de vieille lampe à pétrole. Ça m’a toujours étonné ce contraste entre le moderne et l’ancien ! Le réacteur, invention récente et sophistiquée et son effluve de lampe à huile pour les grand-mères en soirs d’orage. Rien n’est nouveau sous le soleil !C’est le Commandant Déroulède, lui-même qui m’accueille à la descente d’avion. Directeur du Bureau de Presse et des Relations Extérieures à l’École de l’air, il m’avait donc fixé rendez-vous pour ce grand jour. Je ne devais jamais le regretter. Et puis, en fin de compte, arriver en début de programme est un privilège forfait mais indéniable. Pour l’heure, je suivais des yeux les neuf papillons tricolores tremblant dans l’air chaud des Marboré. Ici, dans un travail qui se répète, des hommes, sous la sueur du casque et des accélérations, vont se débarbouiller de voltige, de ciel et de Lumière, s’enivrer de cette joie si prenante et ineffable que communiquent le vol et le pilotage et qui fait que c’est l’imperfection de la veille qui justifie l’effort et la récompense du lendemain.

            Ils sont donc là les neuf Fouga de la Patrouille de France, suivant le leader et se reniflant mutuellement. Ils sont partis tranquilles, comme des ménagères allant au marché, à la queue leu-leu. De temps en temps, dans le souffle tremblant de leur tuyère on en remarque un qui pique un peu du nez sous l’impulsion d’un coup de frein pour maintenir l’allure et l’espacement. Au loin, du côté de la Méditerranée, la brume ne se lève pas encore… Le décor est toute quiétude, gommé des habituelles turbulences, excepté du côté du point d’attente de la 34 où le sifflement désagréable des réacteurs se mue en crachement sourd, puissant comme un orage de soude caustique dans le siphon d’un évier.

            Près de moi, le Commandant Berthonneau branche le magnétoscope. Tous les jours à Salon, et en dehors des meetings, c’est ainsi l’école pour neuf de ces nombreux pilotes qui font la population des grandes fêtes de l’air, et pour qui la perfection n’existe que si le relâchement est banni de leur panoplie.

Décollage du Fouga F-AZNK au meeting 2014 de Troyes ©Xavier Cotton

   Après avoir avalé pas mal de piste, escamoté leur train dans une époustouflante simultanéité – ma parole, il n’y avait qu’un seul interrupteur pour tout ce beau monde – la Patrouille se regroupe hors de la vue des spectateurs. Comme ça, vu d’un œil froid, ce travail risque d’être mal interprété. Mais indéniablement il ressemble à toutes les répétitions obscures des numéros des gens du voyages, à toutes les pages que jetait Victor Hugo avant de se voir satisfait, à ces milliers d’heures où Chopin et Rubinstein ont pianoté en cachette dans les coulisses de leur début. Ici, le travail est déjà parfait, mais le coup de patte, comme les doigts du pianiste, s’ankylose dans l’inactivité. Alors, on recommence, encore et encore…

            Droit devant, dans un horizon pâlot, le voilà le Festival Marc Amberg : Arrivée face à nous en « Très grande Flèche ». La silhouette du Fouga, ses grande plumes, fines, et les bidons comme deux points ponctuant l’envergure ; tout cela est déjà du très grand art et comme tel, pas démodé le moins du monde. Et hop ! Ça monte en boucle alors que la formation passe en diamant. Le plus surprenant avec le réacteur, c’est qu’on dirait que le badin n’est pas exagéré au départ et qu’il reste constant pendant l’évolution ; ce n’est bien sûr qu’une idée, car le Fouga est loin d’être surmotorisé, il faut pour le· pilote jouer avec la finesse de la cellule, sa pénétration, ne pas trop tirer pour ne pas casser la vitesse, mais enrouler tout ça tranquille et gracieux comme le ralenti d’un film. Pour le leader, c’est encore loin d’être un cadeau. Il doit cadrer les figures, contrer le vent et penser aux petits copains derrière qui transpirent dans la turbulence pour maintenir compacte une formation qui ne demanderait qu’à se dissoudre. Le leader, c’est Marc Amberg, blond et d’un calme à faire peur, apparemment secret, sûrement modeste, un gars comme on les aime quand on sait que tout à l’heure on sera sur le siège arrière d’un des compagnons.

La PAF en montée ©Frédéric Bunel

Et la boucle se poursuit. A son sommet, les Fouga sont toujours unanimes dans leurs trajectoires, à passer dos d’un commun accord. Ils descendent vers la verticale. Une seconde de plus … « Top », et ça tourne sur la gauche, les pilotes écrasés par les « G » – on en reparlera bientôt – avec un point bas vers cinquante mètres, peut être trente. Au cours de ce tombé, la formation s’est « tordue » comme une feuille de papier soulevée par un coin, pour bien montrer que ce n’est pas un avion qui évolue, mais un ensemble, un plan unique ; c’est ça la Patrouille, et la figure suivante s’enchaîne sans blanc.

            Ceux qui sont insensibles à ce genre de présentation sont pour moi des incomplets, des gens à qui il manque cette fibre qui vibre en fonction de l’esthétique ou du grandiose. J’ignore beaucoup de disciplines, mais quand je vois un maître en pratiquer une, c’est le genre de chose qui me cause tout de même à l’âme. Et ce matin, je m’en mets plein les yeux.

            C’est comme la fameuse descente dos des solos. Quoi de plus simple qu’une descente dos ? C’est serein tout plein. Mais là, à deux, indissociable, on les imagine venir se reposer, couler sur un rail invisible et nous saluer au passage avec un coup d’oeil narquois qui voudrait dire : « Qu’est-ce qu’on est bien nous » ! Et c’est vrai que cette patrouille, à la vue de ces évolutions exprime le calme et la douceur des gens sans problèmes, vivant dans leur époque et leur quartier comme la poire dans une bouteille d’eau de vie.

Mennhuin aussi a commencé avec un professeur.

La PAF en montée dos
les Pilotes de la PAF en 1978

            Tiens, on va vous les présenter les gars de la PAF. A tout Seigneur, tout Honneur, Marc Amberg le leader : 33 ans, ça fait deux ans qu’il est à la Patrouille et il cumule 2600 heures de vol. Les deux Solos, Cap. Jack Krine et le Lt. Henri Davidian, dans les 34 ans et 7500 heures à eux deux. Pas des tristes les gaillards ! Jack a de belles moustaches, un front presqu’aussi luisant que son casque, on le verrait bien dans un vaudeville de Feydau, et on ne s’ennuierait pas. Henri, lui, c’est plutôt le physique de cinéma, le hâle brun du baroudeur, un sourire à la Lino Ventura. Sans compter qu’il doit avoir un regard d’aigle ou pas les yeux dans sa poche : Les Lts. Marche et Fauque, ce dernier fêtant ses 35 ans le jour de mon baptême à bord de la PAF ; rassurant sur la marche à suivre, les évolutions de la Patrouille, 6000 heures à eux deux, et c’est aussi la deuxième année qu’ils passent à la PAF. Cette année, ils sont équipiers extérieurs. Les équipiers intérieurs cumulent 5000 heures de vol ; il s’agit du Cap. Bernard Inge et de l’Adjt. Henry Homo. Blond bien coiffé, physique de jeune américain à la Lindbergh, il a la figure bien sage du garçon qui va à la distribution des prix. Les deux charognards : le Lt. Rémy Neycensas, du haut de ses 36 ans, c’est presqu’un vieux. Vous pensez ? C’est sa quatrième année à la PAF, avec la Médaille Militaire, la Croix Valeur Militaire, et la médaille de l’Aéronautique. Quant au Lt. François Claudel, il a cette passion farouche du vol si on en juge par ses débuts. Il a construit un Bébé Jodel, et puis comme il a dit : « Il a bien fallu y aller ».

Rencontre avec Jack Krine meeting de Melun ©Liliane Cotton

Après le break vertical qui clôture la présentation, les pilotes vont au casse-croûte et au dé-briefing où l’écran du magnétoscope reste le juge infaillible de leur travail. L’atmosphère est détendue, franchement drôle, mais il y a sur toutes les phrases du genre, « tiens, t’as décroché un peu dans le tombé » ou alors, « ce matin, dis-donc, j’avais une de ces frites », le voile du respect à vouer au leader : service-service, discipline-discipline. Marc sait tout aussi bien plaisanter que les copains, mais dans le travail, il reste celui qui dirige, orchestre cette symphonie pour neuf instruments et sait se faire écouter.

            Le Lt. Claude Prado et l’Adjt. Jacques Pourchelle sont les deux remplaçants, ceux qui doivent au pied levé piloter à la place du copain qui vient de tomber malade. Des rôles ingrats mais indispensables et à ne pas oublier.

Patrouille Tranchant sur Fouga Magister Melun 2019 ©Xavier Cotton

Prélude

            Et tous n’ont vraiment pas l’air de s’ennuyer. Oui : J’ai même rencontré des militaires heureux ! Comme quoi, quand les intérêts et la passion animent une personne les tâches les plus dures et les plus exigeantes sont menées à leur terme et dans les meilleures conditions. Je dis ça, parce que mon stage obligatoire dans une caserne d’Alsace ne m’a pas du tout laissé la même impression.

            Ce soir-là, dans la chambre réservée au mess, je m’endormais avec le sceptre du vol de demain matin. Il était déjà tard, ou disons très tôt et j’échafaudais déjà les parades les plus farfelues pour pallier les sensations qui m’attendaient le lendemain matin.

            Je me suis donc retrouvé dans la traditionnelle combinaison bleu clair, sous un casque tricolore, le laryngophone ad hoc, prêt à grimper en place arrière de ces Fouga, aujourd’hui si célèbres qu’ils semblent concurrencer la Tour Eiffel et le canotier de Maurice Chevalier au rayon des symboles ambassadeurs de la France. Le parachute-coussin avait le confort égal à celui de ses confrères, c’est-à-dire relatif, mais je ne jouais pas les difficiles.

Jack Krine solo de la Patrouille Tranchant au meeting de Melun 2019 ©Xavier Cotton

            J’étais dans le cockpit d’un avion-école militaire, donc dans un engin préfigurant le plus possible l’avion de combat que l’élève sera appelé à piloter plus tard. C’est effectivement assez loin de l’avion de club ; pas de gadgets superflus, de capitonnage moelleux, une allure de terrible efficacité et déjà-est-ce une impression ? – assez redoutable. Le harnais cinq branches a l’air costaud, beaucoup plus que sur nos avions de voltige à moteur et de plus, il s’avèrera très confortable lors des passages négatifs. Petits essais lntercom avec le maître de céans. La voix rassurante et claire de Lucien Fauque passe dans les écouteurs. Je commençais à me sentir tout seul devant ce tableau de bord impressionnant.

                        – C’est la première fois que tu fais du jet ?

                        – Oui.

                        – Tu vas voir, c’est passionnant et pas si dur que ça.

            Je me rassérénais d’un coup. J’avais le pilote idéal pour ce genre d’aventure : calme, communicatif et rassurant.

                        – C’est OK pour le gyro?

            Je m’exécutais.

                        – Et c’est parti à gauche, lança-t-il.

            Effectivement, l’aiguille du compte-tour du « Un » grimpe régulièrement, en même temps qu’un sifflement étouffé par le casque et les écouteurs renseigne sur la réalité

du fait. La porte est fermée, le boudin étanche comprimé et les bruits des réacteurs percent à peine cette verrière épaisse et le sarrau d’aluminium du fuselage.

                        – J’envoie la « pressure », commente Lucien. Et aussitôt deux petites boules invisibles viennent se loger dans les oreilles. Un bâillement à se décrocher la mâchoire les chasse aussi vite.

Contrôle radio : Chacun égrène son numéro d’ordre dans les écouteurs du voisin.

                        – Un

                        – Deux

                        – Trois

                        – …

                        – O.K., on y va, annonce le leader.

            Et la jolie brochette de Fouga s’éparpille du parking pour se retrouver en un ordre non moins parfait sur la bande blanche du taxiway. Je confine à l’extase. Ce que ça peut être beau des avions au roulage quand celui-ci est parfait, régulier, coulant comme une rivière trop lente. De petits coups de frein affinent les espacements. Devant, à quelques mètres, les deux petits tubes pour les fumigènes sont nettement visibles sur le Fouga du copain. Je me demande si tous ces pilotes sont aussi relax sur une autoroute quand on roule à cent sur trois files avec des poids lourds sur les côtés.

Patrouille Tranchant sur Fouga au meeting de Melun 2019 ©Xavier Cotton

Hilare

            Sur la piste, bien alignés, ils ont commencé par mettre plein pot sur les freins, mais frétillant de la sorte sous la poussée, on voyait bien qu’il allait se passer quelque chose et que le festival était imminent. Jusqu’à présent, enfiler la combinaison, choisir un casque, marcher vers les Fouga, tout cela était le cérémonial, inquiétant aussi parce qu’inconnu. J’étais le spectateur intrus et curieux qui dérangeait.

            Maintenant, d’un coup, tout s’efface. Je suis dans l’événement, vibrant avec le souffle brûlant des réacteurs qui déforment le paysage comme du verre cathédrale.

                        – TOP !!!

            D’un bond les Fouga s’élancent. Fauque maintient l’axe par de petites pressions sur les pédales. Les petits coups de freins secs comme des coups d’éperons et qui me faisaient partir en avant au début du roulement sont maintenant oubliés. Le badin prend vie : 50, puis 60 Kts. La roulette est soulagée. Idem sur les Fouga qui nous précèdent. Fabuleux ! Et Lucien joue de mouvements imperceptibles sur le manche. Je regarde le mien vivre par millimètres interposés, comme si un PA trop sensible l’animait. Petit à petit, on sent les joints de ciment de la piste défiler plus vite sous les roues, puis se faire plus discrets ; le Fouga dandine un peu. En l’air ! Devant, c’est pareil, et nous on se rapproche encore.

                        – Attention le trainnnnn, TOP ! Et toutes les trappes se ferment d’un commun accord. La montée est paisible ; j’en oublie de regarder le badin, histoire de me renseigner sur des paramètres élémentaires, c’est trop beau. Ceux qui nous suivaient nous ont rejoints, et on enroule un virage par la droite dans une montée toute douce. Continuellement, le manche et la manette des gaz s’animent de mouvements brefs mais sans brutalité, tout doux là aussi, comme des caresses.

                        – Tu vois, m’annonce Fauque en me sortant un peu peu de ma contemplation, la mise à l’air libre de son bidon doit cacher son phare d’atterrissage. Vicieux comme je suis, je contrôle pour m’assurer si j’ai affaire à un crac et… c’est bon. Si bien que je comprends pourquoi un pilote de la PAF doit être sujet à un sérieux torticolis. Il n’en finira pas de regarder sur la gauche à voir si tout est correct, et tout ça pendant les vingt-cinq minutes que dure la présentation face au public. Nous, on va faire un peu plus ; c’est l’entraînement.

            Au briefing, le leader a dit, on va commencer par deux tonneaux, la dernière fois ce n’était pas parfait.

            Et la formation descend, en léger désaxe par rapport à la piste pour passer une barrique grand cru la bille au milieu. Le badin s’annonce vers 300 Kts.

                        – Et hop, tooonnneauuuuu, commente le Sieur Marc Ambert. La Patrouille s’exécute dans une grâce étonnante. Sur la tranche, un regard jeté sur la gauche me montre l’autre ailier quelques dizaines de mètres plus bas ; puis on s’achemine vers le dos, en sommet de barrique ; je regarde toujours cette mise à l’air libre du réservoir pour voir si elle cache bien le phare d’atterrissage. Je n’arrive pas à être déçu. C’est parfait. On dégringole, toujours parfaitement soudés. Je suis hilare. Un sourire jusqu’aux deux oreilles doit balafrer ma figure. Les larmes aux yeux, un gosse émerveillé.

                        – Ça va ? se renseigne le Commandant de bord.

            Je ne sais quoi répondre. Les mots se bousculent, les impressions aussi. Soyons francs. Le spectacle que voit habituellement le public nous échappe entièrement, mais pour un pilote je me rends compte que le véritable spectacle de la Patrouille se passe à bord des appareils, pas sur les planches d’une tribune. C’est dans cet antre que naissent les émotions, que s’échafaudent les efforts et l’attention pour passer les figures. C’est enfin là où le véritable travail des hommes prend toute sa saveur et sa force. Les fumigènes, les enchaînements, l’habile chorégraphie de l’ensemble, ce ne sont que les rubans qui embellissent le cadeau. C’est peut-être mieux ainsi. Les spectateurs ne voyant qu’un travail collectif, anonyme, une seule chose : La Patrouille de France. Nous autres, parce qu’on a la chance de s’y connaître un peu, c’est ici notre vrai cadeau ; mais parce que nous avons aussi le malheur de nous y connaître un peu, c’est une superbe leçon d’humilité. La récompense qui prouve bien que rien ne s’acquiert sans effort ou sans répétition.

            Il s’inquiète toujours le pilote.

                        – Oh ? Ça va ?

                        – Oui, oui. Que voulez-vous que je dise ?

                        – Bon, on va remettre ça.

            Reprise de vitesse, et ça tourne encore. Je ne sais pas si c’est le super-pied bleu d’azur dont parlent les présentateurs de hit-parade, mais je sens que ça commence à venir. On s’éloigne un instant, le temps de passer en « Très Grande Flèche » et d’arriver face à la piste.

                        – Maintenant, ça va être la boucle.

            Merci M’sieur de me prévenir. La Patrouille est en légère descente, jusque 300 Kts.

            La piste est là, sous notre capot.

                        – Top ! Et c’est parti. Aïi, ça tire, et ça dure.

            Et le manche est parti comme un boulet sur la cuisse gauche, le harnais que je n’ai pas resserré depuis le début est toujours bien en place.

Une main invisible s’est fourvoyée dans mes tripes et tire mon corps vers les pieds. Je ne mesure que 10 centimètres d’épaisseur.

La verticale passe, toujours soudés les copains, incroyables qu’ils sont. Les « G » disparaissent un peu dans la partie supérieure de la boucle. Tous les mouvements sont relatifs. Pour nous, c’est le paysage qui tourne. Nous, on reste là, paisibles. On regarde les ombres jouer sur les avions, le soleil qui dessine ses reflets sur leur surface, la lumière du coin jaunie par les pinèdes et la brume qui se marie au rythme des figures. Ça, c’est ce que peut voir un passager en place arrière quand il n’a pas à se préoccuper du pilotage et de la formation. On repasse dans l’ombre, le soleil derrière nous, et ça redescend avec le sol qui approche… et les « G » qui reviennent. C’est bien bas tout ça. Au sol les Mousquetaires du GALEA montrent leur tableau de bord. Allez, ça passe à trente mètres et à 300 Kts. Dix secondes qu’elle a duré la boucle, entre 4 et 5 G. Je commence à envier le pilote qui lui possède la combinaison anti-G.

                        – Ça va ? Interroge Fauque

                        – C’est bonnard !

            Passage en « Viggen » : trois petits coups d’aérofreins, on part dans les bretelles. Il parait qu’ils ne sont pas très efficaces, les AF du Fouga, moi je trouve ça probant.

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Et un tonneau, encore un avec passage en « Petit Canard ». Droit devant, le paysage s’incline, et le monsieur qui nous précède envoie du fumigène au « Top » du leader. En regardant son papillon au cours de la figure, tout semble étrangement immobile ; le ciel et la terre ne sont qu’une toile de fond placée là par formalité. 100 Kts en haut de la barrique, la bille au milieu, et tout le monde redescend, unis comme à la première minute. Quelques voitures circulent sur l’autoroute, le canal est sans une ride, l’air sans turbulence. Descente en « Trois V ».

                        – Attention les Solos, Top ! commande Ambert, et les deux Solos s’écartent. Nous, c’est parti pour un trèfle à gauche, les « G » qui reviennent. Là, il a tiré un peu plus ; j’ai les semelles qui vont rester collées au plancher si ça continue. Un tombé à droite, un bon 300 Kts, une boucle, et ça tire encore, et la Patrouille se sépare. Cette séparation, elle est à mettre au crédit de Marc Ambert, le nouveau leader de cette figure vaut vraiment le coup d’oeil vu du public. Nous, on file sur la droite, en s’alignant sur la piste. De l’autre côté, la patrouille de trois, toutes fumigènes ouverts en fait autant. Plein pot en cap collision. Zouaff ! Et on dégage la scène pour l’arrivée des Solos.

Jack Krine en Solo de la Patrouille Tranchant Melun 2019 ©Xavier Cotton

Acide

Nous autres, à sept, on va bien s’amuser quand même. On remet ça pour un « Tombé droit » et un passage en flèche dans la montée. Là, il faut prendre du badin, jouer sur la figure et Fauque qui enfonce ses manettes de gaz pour rattraper le copain et se démarquer sur l’extérieur. C’est dans de telles figures qu’on voit que le Fouga n’a rien de trop comme puissance pour évoluer. Il faut jouer serré. Un poil d’AF ; le tout est en place et c’est le top du palmier : une sensation sublime, une lumière comme dans un film d’Albicoco ; les « G » qui vous assaillent, mais ça vaut le coup de souffrir un peu pour voir du spectacle, pour voir du travail sans bavure, où l’à peu près est banni du programme. Il est facile de deviner chez ces pilotes l’entraînement régulier. Ils vous exécutent l’enchaînement par cœur, sans le moindre trou de mémoire confiant dans le cadrage du leader.

 

                      – Bon, maintenant, on va passer dos.

                        – Top !

                        – Top, sortie dos !

            Fauque pousse d’un coup bref sur l’avant et gauchis à nouveau.    

                        – C’est rapide ? Hein ? Commente-t-il.

            Pour être franc, je n’ai pas eu le temps de voir grand-chose. Mais je suis certain que ces quelques secondes en négatif ont remis un peu de sang là où il en manquait suite aux « G » positifs.

On se refait vite une santé dans ces trucs-là. Après l’éclatement de la bombe et le break vertical clôturant dos, les mises et les sorties.

            Avec la chaleur qui monte petit à petit, les turbulences qui vous secouent les « G » qui se sont accumulés comme par plaisir, vous percevez soudain cette petite salive acide dans les environs des gencives qui vous prévient que vous allez être malade. Alors, on prend ses précautions et on avertit le pilote. Plein d’indulgence qu’il est, Lucien !

                        – Si ça va pas, prends le casque. J’en suis pas encore là, mais je prévois, c’est tout et Fauque dégage, et me ramène comme s’il pilotait un charter de bébés en couveuse.

            Ouf, ça va mieux. Il me gratifiera même d’un « kiss » de derrière les fagots, et tout ira mieux dans quelques minutes. Inlassablement, les Fouga de l’Ecole de l’Air reprendront leur ronde pour le restant de la journée. Après le dé-briefing, les pilotes prendront un sandwich ou deux, prépareront leur « barda » et s’envoleront pour leur tournée d’été, baladins d’aujourd’hui, trouvères ou chantres de la Haute École de la Voltige de meeting. Chaque fois, il faudra vaincre la routine, cette habitude qui devient relâchement, et chaque matin qui se lèvera sera une leçon de courage « .

Pierre Peyrichout

Source de informations :

  • Article de Pierre Peyrichout paru dans AVIANEWS juillet 1978
  • Jack Krine
  • photos de Frédéric Bunel, Liliane et Xavier Cotton


Portrait de pilote par Isabelle Beauvais

Portrait de Jack Krine devant Breguet XIV par Isabelle Beauvais

Permettez moi de vous présenter Isabelle Beauvais, photographe spécialisée en reportages et portraits pour les univers professionnels. Son regard humain et attentionné lui valent d’être régulièrement demandée  par les entreprises et institutions à travers la France.

Plurielle et curieuse de nature, Isabelle est passionnée par le monde de l’aviation. En tant que photographe, elle s’intéresse bien sûr aux aéronefs, mais elle a surtout un faible pour saisir à travers leur portrait, toute la passion aéronautique que vivent ces hommes et  ces femmes de l’air

Sur ce portrait de Jack Krine réalisé en 2017 lors du meeting aérien « Le temps des hélices » à la Ferté-Alais, Isabelle qui connait cet aviateur depuis quelques années a capté derrière le regard de ce « vieux loup des airs » toute la passion du vol qui l’anime. Et Isabelle nous témoigne avec humanité de sa rencontre photographique avec Jack Krine  » j’apprécie tout autant l’aviateur que l’homme à l’esprit vif et généreux. Ce fut un moment extraordinaire de le photographier » .

Pour les passionnés d’aviation il n’est pas nécessaire de présenter Jack Krine dont les galons de pilote ne se comptent plus, mais pour ceux qui le découvrent, voici un bref résumé de sa carrière de pilote : il est entré  dans l’Armée de l’Air à 19 ans pour être pilote de chasse, il intègre la Patrouille de France pour y devenir leader solo en 1977 et 1978, il poursuit ensuite sa carrière aéronautique comme pilote de ligne d’abord chez Air Inter, puis lors de son absorption par Air France il devient commandant de bord sur Airbus A320 et instructeur sur ce même avion, puis il fonde la Patrouille Tranchant sur Fouga Magister. Jack Krine est titulaire de la Médaille de l’aéronautique sur 42 types d’avion. Il totalise  aujourd’hui plus de 20 000 h de vol  sur plus de 180 types d’avions différents et a plus de 400 meetings aériens à son actif. Pour le plus grand plaisir de tous, cet « Aviateur » continue de nous faire rêver par ses présentations en meeting allant du BB Jodel au Fouga-Magister en passant par le Morane-Saulnier MS317, le North-American T6 et autres Warbird. Ne manquez pas d’aller le voir et de lui dire merci à son retour de présentation en agitant vos bras ou vos casquettes

Portrait d'Isabelle Beauvais

Isabelle Beauvais

Alors qu’elle est interne au lycée, Isabelle s’ennuie de pied ferme. C’est alors qu’un professeur passionné de photographie lui fait découvrir les secrets du développement grâce à la présence sur place d’un labo photo. Très vite, il lui en laissera les clés… . et Isabelle se rendra plus souvent dans la chambre noire qu’en cours…. où elle viendra tirer dans les bacs les portraits réalisés le week-end.

À 22 ans, elle passe un CAP de photographie sur Lyon.

En 2008, après différentes expériences professionnelles dans des secteurs aussi variés que le sport, le médical ou le secrétariat, Isabelle qui a alors 37 ans, se lance un nouveau défi : devenir photographe professionnelle .
« Ce n’est pas la photographie qui me passionne ce sont les Hommes et ce qu’ils sont, ce qu’il sont capables de faire… la photo c’est pour moi un prétexte formidable pour approcher des univers différents et quoique je photographie, mon objectif est de montrer le meilleur de mon sujet. »

Isabelle Beauvais  vous propose de réaliser votre portrait de pilote quelque soit votre degré de compétence et que vous soyez célèbre ou non, avec de beaux tirages déco en impression sur support bois ou métallique. Vous pourrez rencontrer Isabelle Beauvais dès ce week-end du  19 et 20 mai à l’occasion de la 46eme édition du meeting  » Le temps des Hélices » à La Ferté-Alais. Elle sera ensuite présente lors de plusieurs meetings et rassemblements aéronautiques qui auront lieu cette année.

Elle se déplace aussi dans les aéro-clubs. N’hésitez pas à la contacter pour vous renseigner !

Contact :

www.isabellebeauvais.com
https://www.facebook.com/IsaBeauphotographie/
contact@isabellebeauvais.com
Mobile 06 68 51 92 47


La Ferté Alais 2013

Stinson Reliant F-GPJS, Curtis-Wright Travel Air 4000 N4418, Boeing PT-17 Stearman N62188 ©Xavier Cotton

Malgré un temps peu favorable, le meeting  « le temps des hélices »  de la Ferté Alais a bien eu lieu ce dernier week-end de Pentecôte (18 et 19 mai 2013) à La Ferté Alais sur l’aérodrome de Cerny. Ce meeting est organisé annuellement et sans exception depuis 1974 par l’Amicale Jean Baptiste Salis (AJBS) aidée de nombreux partenaires. La première édition de ce meeting ayant eu lieu en 1970, c’est donc à la  quarante et unième édition que j’ai pu assister en ce dimanche 19 mai sous un ciel très menaçant, me demandant à quelle heure il allait pleuvoir.

Morane Saulnier MS760 Paris F-AZLT ©Xavier Cotton

Le plateau présenté était tout a fait exceptionnel, essentiellement constitué d’avions anciens à hélices complétés par quelques avions à réactions (MS760 Paris, Super Étendard, Rafale Marine, Boeing B737 et Alphajet de la PAF).

Morane-Saulnier H-13 F-AZMS ©Xavier Cotton

Cette fête aérienne se voulait célébrer le centenaire de la première traversée de la Méditerranée par Roland-Garros le 23 septembre 1913. Le passage du Morane type H et du Bleriot XI ont symbolisé  ce vol historique.

Curtiss Hawk H75 G-CCVH au décollage ©Xavier Cotton

Tout en conservant les présentations classiques, on a pu aussi voir des avions présentés pour la première  fois à La Ferté Alais. Cette année, les stars de la Ferté sont le Republic P-47 Thunderbolt et le Hawk 75 de l’association « The Fighter Collection » de Sir Stephen Gray, le Vought Corsair F-4U4  Lockheed P-38 Lightning des « Flying Bulls », ainsi qu’un superbe OV-10 Bronco de couleur beige, camouflage US Marines Corps, appartenant à l’ « Amicale des Avions Anciens de la Drome ».

Antonov An 2 D-FKME ©Xavier Cotton

En plus du statique et des présentations en vol, les visiteurs ont pu admirer la collection d’avions anciens du «Musée Volant ». L’AJBS offrait en plus la possibilité de réaliser des baptêmes de l’air en Antonov AN-2, en Junker JU-52, ainsi qu’avec les avions de en Stinson Reliant ou dans le Boeing PT17  Stearman et  le T-6 d’Aero Vintage Academy.

Jack Krine (81 ans) en BB Jodel ©Xavier Cotton

« Le Temps des Hélices » était comme à l’habitude composé de différents tableaux représentant des périodes particulières de l’histoire de l’aviation.
Le « Prélude à Irène » patrouille composée de deux moto-planeurs SF-38 et d’un bébé Jodel piloté par Jack Krine (81 ans) inaugure avec douceur et romantisme la présentation en vol des avions de l’après midi.

Pitts S-2B Special F-HBOB ©Xavier Cotton

Ensuite la voltige aérienne moderne était présente avec un nouveauté cette année vla patrouille « Skyloop », un duo composé d’un Muddry CAP 232 (G-EJAC) piloté par Eric Vazeille et d’un Pitts (F-HBOB) piloté par Bertrand Boillot.
Ensuite est venu le largage de parachutistes de l’armée de l’Air à partir d’un Junkers JU-52 (F-AZJU). Effectuant de magnifiques figures, ils sont venus se poser avec une  précision extrême devant la tribune officielle.

atrouille Marine Nationale MS760, Hawkeye, 2 Rafales M, 2 Super Etendard ©Xavier Cotton

Puis vint la patrouille de la Marine Nationale composée de deux Rafale Marine,  deux Super Etendard et d’un Grumman E-2C HawkEye, à cette patrouille s’était ajouté le MS760 Paris (F-AZLT) d’Armor Aero Passion. Ensuite la patrouille s’est éclatée afin et chacun des types d’avion nous ont fait une présentation personnalisée.

Morane Saulnier MS317 F-BGUV et F-BCNL ©Xavier Cotton

Ensuite ce fut le tour des  Morane-Saulnier en premier le Morane type H (F-AZMS)  puis les MS230 (F-AZAK) aux couleur de celui de Michel Detroyat et 317 (le F-BGUV et le F-BCNL cher au coeur de mon ami Michel Léveillard) pour rendre hommage à la voltige plus douce des années 30.

Extra EA-330SC F-TGCI EVAA ©Xavier Cotton

Puis de nouveau place à la voltige aérienne moderne avec la présentation de l’Extra 330 ( F-TGCI) de l’EVAA pour un programme libre en solo ; franchement époustouflant !
Décolle maintenant toute une série de biplan : des Stampe, le Tiger Moth (F-AZEY), le SE-5A ( F-AZCY) et les Bücker, afin d’évoquer le « Temps des As » et les combats de la première guerre mondiale. Nous pouvons entre autre assister à une simulation de combat aérien entre le SE-5A et l’un des Bücker.

JU52 HB-HOT et F-AZJU ©Xavier Cotton

MD 311 F-AZER et 312 F-AZDR ©Xavier Cotton

Puis c’est au tour du Fieseler Storch qui nous fait une démonstration de ses qualités de vol lent. Les Junker JU-52 (F-AZJU et HB-HOT) prennent l’air et nous offre un des plus beaux ballets aériens de la journée encadrant le terrain en patrouille serrée.

Une évocation du transport aérien commence par une démonstration en vol des Dassault Flamant 311( F-AZER) et 312 (F-AZDR). Ensuite nous pouvons assister à une patrouille improbable de deux avions qui arrivent plein phares : Un Boeing B737 (F-GIXE) d’Aeropost à vitesse réduite se faisant doubler par le DC3 (F-AZOX) plein badin d’un Dakota sur la Normandie.

Le Boeing 737 fait ensuite une série de passage dont un lent en configuration atterrissage avec  bien sûr une remise de gaz.

C’est ensuite l’évocation de « Pearl Harbor » et de Tora Tora Tora, par l’attaque simulée du terrain de Cerny par une escadrille T6, le tout accompagné d’effets pyrotechniques spectaculaires et impressionnants. Un Curtiss  P-40 décolle dans l’urgence pour répondre à l’attaque des chasseurs japonais.

De nouveau cette année, le planeur DFS Habicht (D-1901) a dessiné dans le ciel de magnifiques figures de voltige toute en douceur soulignées par des fumigènes oranges situés en bout d’ailes. Le tout terminé par une prise de terrain avec un dernier virage très serré.

Catherine Maunoury dans l’Extra 330 SC HB-MTR ©Xavier Cotton

Ensuite c’est au tour Catherine Maunoury (surnommée la « Reine Catherine ») double championne du monde de voltige aérienne et actuellement directrice du Musée de l’air et de l’espace Madame de nous fasciner avec un programme libre de voltige aux commandes d’un Extra 300 (HB-MTR).

P38 Lightning N25Y et F4U-4 Corsair OE-EAS Red Bull ©Xavier Cotton

Puis c’est au tour du métal hurlant d’entre en action avec les warbird de la seconde guerre mondiale :
le P-51D Nooky Booky IV, le Spitfire Griffon Mk XIV, le Sea Fury avec ses fumigènes dessinant des boucles dans le ciel grâce à ses vortex. Puis les « Flying Bulls » nous offrir un duo gigantesque alternant passages  rapides et simulation de combat aérien entre le P-38 Lightning (N25Y) en aluminium poli et le F4U-4 Corsair  (OE-EAS) bleu marine,

La Patrouille de France – Tonneaux en formation ©Xavier Cotton

En réalisant sa présentation « beau temps », la Patrouille de France et ses huit Alphajet tricolores a su une fois de plus réjouir son public, grands et petits confondus et le rendre admiratif devant la précision des figures réalisées.  Alternant des formations à huit appareils mêlant grâce et technicité avec les percussions simulées des solos, ce fut encore une fois un spectacle magnifique. Cette année, le programme de la PAF revêt un caractère spécial, car la Patrouille de France née sur la BA112 de Reims en 1953 célèbre son soixantième anniversaire.

Yak 11 F-AZNN ©Xavier Cotton

Ensuite des Warbirds russes (Yak3, Yak3U et Yak11) remplissent le ciel en l’honneur du célèbre régiment de chasse des Forces Aériennes Françaises Libres du Normandie-Niemen.

La « Navette bretonne » Broussard F-GDPX et MC15E Cri-Cri F-PZTU ©Xavier Cotton

Cette année, la navette Bretonne est de retour dans le ciel de la Ferté-Alais avec le Cri-Cri (F-PZTU) bimoteur électrique (Electravia) de Hugues Duval installé sur le dos du Broussard (F-GDPX) de l ‘équipe « Tranchant ». C’est lors du deuxième passage que le Broussard largue le Cricri qui se met à voler de ses propres ailes. A signaler que Hugues Duval et son Cri-Cri ont battu le record de vitesse en avion électrique le 25 juin 2011, en présentation officielle devant le public du Salon du Bourget, en volant à 283km/h.

Douglas AD-4N Skyraider F-AZHK © Xavier Cotton

Ayant deux heures de route à faire pour rentrer à Reims je suis parti un peu avant la fin du meeting alors que le Douglas A-4DN Skyraider (F-AZHK) et le T-28 Fennec (F-AZKG) roulaient vers le seuil de piste pour leur présentation en vol.

North American T-28A Fennec F-AZKG ©Xavier Cotton

L’édition 2013 est une réussite, malgré la météo. Rendez-vous en 2014, pour la quarante deuxième édition, si vous souhaitez en savoir plus concernant l’AJBS et pourquoi pas en faire partie, rendez-vous sur le site de l’association www.ajbs.fr.

Vous pouvez voir plus de mes photos de ce magnifique meeting sur l’album « La Ferté Alais 2013 » sur Picasaweb ou Google+


Jack Krine

Jack Krine à bord du MS317 F-BCNL de l'AJBS ©Liliane Cotton

Jack Krine à bord du MS317 F-BCNL de l’AJBS ©Liliane Cotton

Reconnaissable par ses célèbres bacchantes, que d’aucune mauvaise langue dise détruire l’aérodynamique des avions à cabine torpédo, voici Jack Krine à bord du MS317 F-BCNL  de l’Amicale Jean Baptiste Salis lors du dernier meeting annuel de Cerny- la Ferté Alais. Petit clin d’oeil amical à Michel Léveillard qui vola  sur le F-BCNL pour la première fois en 1949 chez Morane-Saulnier à Tarbes-Ossun alors que cet avion n’était pas encore un MS317, mais un MS315 avec des roues à rayon, un simple patin à la place de la roulette de queue et pas de frein pour s’arrêter.

Jack Krine, né à Corné (Maine et Loire) en 1944, est venu à l’aviation à l’âge de 15 ans, grâce à l’obtention d’une bourse de l’Armée de l’Air. Il passe alors son brevet de pilote avion sur Piper J3 Cub, ainsi que son brevet de planeur (catégorie D).
A 19 ans, il réussit le concours de l’Armée de l’Air et entre à l’école élémentaire de Cognac où il vole sur North American T6, puis sur CM170 Fouga Magister et enfin Lockheed T33. Il est breveté pilote de chasse en 1965 sur Mystère IV. Il rejoint ensuite sa 1ère affectation sur la base aérienne 110 de Creil où il vole sur SMB2 durant 2 années. De 1968 à 1970 il est instructeur sur la BA 709 de Cognac, où il aura un réel coup de foudre pour le Fouga Magister.  Il retourne ensuite à Creil jusqu’en 1976, et où il est transformé sur Mirage III et obtient alors son brevet de chef de patrouille de chasse. Nommé officier adjoint des opérations de l’escadre 2 ans plus tard, il assume en même temps les fonctions d’officier de sécurité des vols, ce qui lui permet ainsi de voler sur Mirage III, SMB2, T33, Broussard, MD312 et Fouga. Il participe à l’évaluation en combat aérien du Mirage III et du Mirage F1 au Centre d’Expérimentation Aérienne de Mont-de-Marsan.  En 1976, il intègre  la Patrouille de France sur Fouga Magister il y sera leader solo en 1977 et 1978.

Arrivé au terme de son contrat ORSA (Officier de Réserve en Situation d’Active), il quitte l’Armée de l’Air pour intégrer l’amicale Jean-Baptiste SALIS à la Ferté-Alais ainsi que la Conféderate Air Force où il a le plaisir de piloter, entre autres, des machines mythiques telles que le Corsair.

En 1978, il quitte l’Armée de l’Air pour devenir pilote de ligne à Air-Inter absorbé ensuite par Air France, ce qui lui permet de voler aux commandes du Fokker 27, de la Caravelle, de plusieurs types d’Airbus et du Mercure. Pilote de ligne à Air France, il occupe la fonction de Commandant de Bord et instructeur sur Airbus A320.

Depuis 1985, la Fédération Nationale de l’Aéronautique emploie Jack KRINE en qualité de commissaire général responsable des meetings sur les étapes du Tour de France Aérien des Jeunes Pilotes.
En Juin 1993, lors d’un meeting sur la BA113 de St Dizier pour les 20 ans du Jaguar, au manche d’un Mystère IV, il s’écrasait devant les spectateurs, à cause d’une panne moteur. Un crash d’une violence extrême, avec un homme resté aux commandes jusqu’au bout pour ramener l’avion et assurer la vie des personnes alentours. Deux mois après le quatrième crash de sa carrière, qui lui brisa quatre vertèbres, Jack Krine revolait !… (à lire dans le tome 1 de la bande dessinée  EMERGENCY)
Grâce à son expérience et sa profonde connaissance des avions, Jack Krine devient instructeur sur MIG 29 et SUKKOÏ 27 en Ukraine ainsi que présentateur en vol sur Fouga Magister aux USA. Colonel de réserve, il est officier supérieur adjoint au colonel commandant le SIRPA Air (Service d’Information et de Relation Publique ). Jack KRINE intègre en 2006 la patrouille TRANCHANT  sur Fouga Magister en qualité de directeur des présentations.
Officier de l’Ordre National du Mérite, il est titulaire de la Médaille de l’aéronautique sur 42 types d’avion. Jack Krine totalise  aujourd’hui plus de 20 000 h de vol  sur plus de 180 Types d’avions différents et a plus de 400 meetings aériens à son actif. Pour le plus grand plaisir de tous, cet « Aviateur » continue de nous faire rêver par ses présentations en meeting. Ne manquez pas d’aller le voir et de lui dire merci à son retour de présentation en agitant vos bras ou vos casquettes.

Sources des informations :
Patrouille TRANCHANT : http://fouga.patrouille-tranchant.com
Ailes Anciennes de Haute Savoie : http://www.ailesahs.com


EMERGENCY Tome 1

Les éditions Zéphyr lancent un nouveau concept de bande dessinée, un collectif d’histoires courtes destinées à un très large public.
Pour l’occasion, les éditions Zéphyr ont mobilisé une véritable escadrille de scénaristes et surtout de dessinateurs de bande dessinée. Ils sont au total quatorze, six scénaristes et huit dessinateurs  pour raconter chacun dans son style une histoire vraie sur huit pages, à l’exception de deux récits sur seize. L’occasion aussi de découvrir de nouveaux talents : Patrice Buendia, Pierre Veys, Romuald Pistis, Frédéric Zumbiehl, Frédéric Desrues, Stéphane Carpentier, Michel Montheillet, Carlos Puerta, Philippe Hooghe, Giuseppe Candita, Gerardo Balas, Stephan Agosto, Baptiste Payen, et Dams.
Vous pourrez lire : l’épopée de Youri Gagarine, la double extinction réacteur d’un Alpha-Jet en démonstration piloté par Jean-Marie Saget, l’incroyable aventure de Glen Miller pendant la Seconde Guerre mondiale, l’épisode le plus marquant de la guerre des Malouines, la très mystérieuse disparition de 5 chasseurs-bombardiers au large de la Floride, la dernière mission d’Hanna Reistch, qui posa son Fieseler Storch en plein Berlin dévasté sous les tirs soviétiques, l’incroyable aventure de la seule et unique escadrille de pilotes noirs de l’histoire, la mission aérienne la plus sanglante de la guerre du Vietnam… 
Préfacé par Jack Krine, ancien pilote de chasse, leader de la Patrouille de France, « Emergency » est un ouvrage collectif de plus de 104 pages, lançant une nouvelle collection aussi originale que passionnante.
Vous pouvez l’acheter en librairie ou sur le site des éditions Zéphyr au prix de 20€.