Catégorie : Portrait

Bon vol Tonton Raymond

Raymond Frappot et son OGMA (Reims-Aviation N°25) FTB 337 G Super Skymaster F-HRCF au meeting Paris-Villaroche Air Legend 2019 à Melun ©Xavier Cotton

hommage à Raymond Frappot par Ivan Hairon

L’Aviation vient de perdre un grand passionné, en effet,  Raymond Frappot, pilote bien connu  des meetings aériens européens,  nous a quitté lundi 17 février, alors qu’il travaillait sur son OGMA (Reims-Cessna) FTB 337 G Super Skymaster ( ex: armée de l’air Portugaise) sur l’aérodrome des Mureaux  dans les Yvelines (78). Raymond qui venait d’avoir 78 ans  avait œuvré comme chef d’entreprise  en région parisienne pendant de nombreuses années. Amoureux de la vie, il avait découvert l’aviation sur le tard vers 1985  à l’ age de 43 ans. Bien décidé  à rattraper le temps perdu  et souhaitant aider des copains qui participaient à l’époque à des meetings aériens, il prends des cours de pilotage, puis séduit par les machines de collection , il se passionne pour le patrimoine aéronautique, mais aussi pour les avions de collection d’origine militaire . 

Soko J20 Kraguj (F-AZFR) au roulage lors du meeting des Mureaux 2009 ©Ivan Hairon

Très rapidement , en 1992, il crée avec ses copains, passionnés comme lui, l’association Antic Air- Ailes Anciennes Les Mureaux. Le premier avion de la jeune association Antic-Air  sera le fameux Soko J 20 Kraguj, avion de construction Yougoslave, ramené en vol de Belgrade grâce et avec l’aide d’Alex Pozder. Soko J 20 que l’on verra souvent  à cette période sur les Salons des Avions de Légende organisés par Flying Legend Organisation (FLO) .

Le North American AT-6 D Texan (F-AZDU) d’Antic Air ©Jacques Guillem

Puis ce sera un très joli Pilatus P3-05 (ancêtre du Pilatus PC 7 ) ayant appartenu aux Troupes d’Aviation Suisse , qui au dire de Raymond était une merveilleuse machine à piloter quoique un poil sous motorisé. Il y eu aussi un North American T 6 D Texan ( F-AZDU). 

Sia-Marchetti SF 260 W Warrior (F-GMRF) au couleurs de l’Armée de l’Air Burkinabé ©Jacques Guillem

Raymond,  amoureux de l’Afrique, a participé à plusieurs éditions du Raid Air Solidarité aux coté du fameux photographe historien Jacques Guillem, Il avait réussi à ramener (durant une fameuse expédition en 1992)  du Burkina-Fasso (ndlr littéralement « Pays des Hommes intègres »), six Sia-Marchetti SF 260 W Warrior , ayant volé dans l’Armée de l’Air Burkinabé . Il en restaura cinq qu’il présenta avec délectation dans de nombreux meetings aériens. Le Marchetti,  comme l’appelait Raymond, avait disparu des cieux français depuis de nombreuses années et notamment depuis l’arrêt de la fabuleuse patrouille Martini sur SF260 créée par Jacques Bothelin


Le Fouga CM 170  (F-AZPZ, 315 JB) de Raymond et de Jean Baptiste Berger à Pontoise en 2009 ©Ivan Hairon

Puis l’ appel de la Réaction commença,  à démanger Raymond,  qui avec Jean Baptiste Berger acquis un avion d’entrainement Fouga CM 170 Magister ( l’avion de la patrouille de France dans les années 60-70) .

S’étant séparé de ses parts dans le Fouga, Raymond devint le propriétaire d’un énorme Yakovlev YAK 3 U équipé d’un moteur en étoile américain de 1450 CV,  pour comme disait Raymond, découvrir le frisson des pilotes de chasse de la seconde Guerre Mondiale. Ce Yak 3 U,  un des plus abouti dans sa catégorie, avait participé aux courses de pylône de Reno aux USA et y avait tourné dans les années 92/94 à la moyenne de 692 km/h  soit des pointes  à plus de 700 km/h .

OGMA (Reims-Aviation N°25) FTB 337 G Super Skymaster (F-HRCF) au meeting Paris-Villaroche Air Legend 2019 à Melun ©Xavier Cotton

Laché, bon pour le Yak 3 par le grand pilote Marc Mathis (Léon pour les intimes) , Raymond vola quelques années avec, puis il acquit en Espagne ,  l’OGMA (Reims -Cessna ) FTB 337 G Super Skymaster avec lequel nous l’avions vu l’année dernière à la Ferté Alais pour le meeting Le Temps des Hélices  et au meeting Air Legend  de Melun . Raymond gardait aussi sous le coude un des magnifiques SF 260 W avec lequel il prenait toujours plaisir à voler.

Raymond avec La patrouille de France 2015, lors du meeting aérien des Mureaux 2015 ©Jacques Guillem

Raymond, n’était pas seulement un Aviateur au sens noble du terme mais aussi un Marin de passion  que l’ ont pouvait parfois croiser  de temps en temps sur le Golfe du Morbihan  . Et surtout , Raymond était un épicurien , un homme bon et généreux ,  certe avec du caractère mais toujours avec  le cœur sur la main, n’avait -il pas baptisé son hangar du nom d’Eric Kopinski  Lieutenant pilote  au sein de l’EVAA (Équipe de Voltige de l’Armée de l’Air) , mort en service aérien commandé  le 16 juin 1987 au coté du Sergent Guy Ecobichon).

Un dernier, hommage sera rendu à Raymond Frappot  en l’église Christ-Roi de Cormeilles en Parisis (95, Val d’Oise ) , mardi 3 Mars au matin !

Bon vol Tonton Raymond  

Par Ivan Hairon.


Catherine Maunoury tutoie les nuages

Catherine Maunoury double championne du monde de voltige (collection personnelle Catherine Maunoury)

Catherine Maunoury est imprégnée très jeune par le monde de l’aviation lorsque son père médecin et pilote l’emmène voler dès l’age de 8 ans, puis elle apprend à piloter sur Jodel 112, est lâchée solo à 15 ans, age minimum requis et obtient son brevet de pilote à l’age de 17 ans devenant alors la plus jeune pilote de France.

Titulaire d’une maitrise de philosophie, elle rentre à Air France en 1978 comme hôtesse de l’air, qu’elle décidera de quitter pour s’occuper de son club et du Musée de l’Air et de l’Espace.

Catherine Maunoury et son Extra 300LP F-HCSA à Melun-Villaroche ©Xavier Cotton

Coté pilotage, Catherine s’oriente alors vers la voltige aérienne et progresse très vite jusqu’ à être sélectionnée en équipe de France. Sous la direction de son entraîneur national, Claude Bessière dit “Coco”, elle remporte dix titres de championne de France entre 1980 et 1999 et deux de championne du monde à douze ans d’intervalle en 1988 et 2000, alors que les avions ont énormément évolué dans leur maniabilité ouvrant la porte à de nouvelles figures.

Elle crée en 1993 à Chartres son propre club de voltige, le Centre Passion Catherine Maunoury (C.P.C.M.) dont Nicolas Ivanoff s’occupera pendant dix ans comme instructeur.

En 2000 Catherine Maunoury se retire de la compétition et se consacre alors aux meetings aériens .

Son époux, Dominique Maunoury, architecte, peintre officiel de l’air et de l’espace et pilote de voltige décède en 2001.

Le 10 août 2010, elle est nommée directrice du Musée de l’Air et de l’Espace, devenant ainsi la première femme à occuper cette fonction.

Le 30 mars 2016, Catherine Maunoury est la première femme élue à la présidence du Conseil d’administration de L’Aéro-Club de France. Le 28 février 2017, elle quitte la direction du musée de l’Air et de l’Espace après son second mandat et devient ambassadrice du musée.

Catherine Maunoury et Aude Lemordant lors de Paris Air Legend 2019 ©Xavier Cotton

Lors des meetings, on peut voir Catherine Maunoury faire une présentation de voltige aérienne en duo avec Aude Lemordant, elle même triple championne du monde de voltige aérienne (2013,2015 et 2019) et parfois à 4 ou 5 avions avec la patrouille “Carnet de Vol” ou la patrouille ” Les sales gosses” (Nicolas Ivanoff en plus).

Aude Lemordant et Catherine Maunoury se préparent pour leur vol en duo lors du meeting Paris Air Legend 2019 ©Liliane Cotton

Laura Brunet et Philip Dupuis (Tandem-images) sont en train de réaliser FR3 Centre-Val de Loire, un documentaire de 52 minutes sur la vie de Catherine Maunoury : “Danse avec les nuages”. La sortie est prévue pour janvier 2020 sur FR3 Centre-Val de Loire,

Même au sol, Aude Lemordant et Catherine Maunoury donnent l’impression de répéter leur chorégraphie en symétrie. Meeting Paris Air Legend 2019 ©Xavier Cotton

Ses distinctions

  • Prix Icare
  • Médaille de l’Aéronautique
  • Médaille de vermeil de l’académie de l’Air et de l’Espace
  • Commandeur de l’Ordre national du Mérite
  • Officier de la Légion d’Honneur
  • Chevalier des Arts et Lettres

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Portrait de pilote par Isabelle Beauvais

Portrait de Jack Krine devant Breguet XIV par Isabelle Beauvais

Permettez moi de vous présenter Isabelle Beauvais, photographe spécialisée en reportages et portraits pour les univers professionnels. Son regard humain et attentionné lui valent d’être régulièrement demandée  par les entreprises et institutions à travers la France.

Plurielle et curieuse de nature, Isabelle est passionnée par le monde de l’aviation. En tant que photographe, elle s’intéresse bien sûr aux aéronefs, mais elle a surtout un faible pour saisir à travers leur portrait, toute la passion aéronautique que vivent ces hommes et  ces femmes de l’air

Sur ce portrait de Jack Krine réalisé en 2017 lors du meeting aérien “Le temps des hélices” à la Ferté-Alais, Isabelle qui connait cet aviateur depuis quelques années a capté derrière le regard de ce “vieux loup des airs” toute la passion du vol qui l’anime. Et Isabelle nous témoigne avec humanité de sa rencontre photographique avec Jack Krine ” j’apprécie tout autant l’aviateur que l’homme à l’esprit vif et généreux. Ce fut un moment extraordinaire de le photographier” .

Pour les passionnés d’aviation il n’est pas nécessaire de présenter Jack Krine dont les galons de pilote ne se comptent plus, mais pour ceux qui le découvrent, voici un bref résumé de sa carrière de pilote : il est entré  dans l’Armée de l’Air à 19 ans pour être pilote de chasse, il intègre la Patrouille de France pour y devenir leader solo en 1977 et 1978, il poursuit ensuite sa carrière aéronautique comme pilote de ligne d’abord chez Air Inter, puis lors de son absorption par Air France il devient commandant de bord sur Airbus A320 et instructeur sur ce même avion, puis il fonde la Patrouille Tranchant sur Fouga Magister. Jack Krine est titulaire de la Médaille de l’aéronautique sur 42 types d’avion. Il totalise  aujourd’hui plus de 20 000 h de vol  sur plus de 180 types d’avions différents et a plus de 400 meetings aériens à son actif. Pour le plus grand plaisir de tous, cet “Aviateur” continue de nous faire rêver par ses présentations en meeting allant du BB Jodel au Fouga-Magister en passant par le Morane-Saulnier MS317, le North-American T6 et autres Warbird. Ne manquez pas d’aller le voir et de lui dire merci à son retour de présentation en agitant vos bras ou vos casquettes

Portrait d'Isabelle Beauvais

Isabelle Beauvais

Alors qu’elle est interne au lycée, Isabelle s’ennuie de pied ferme. C’est alors qu’un professeur passionné de photographie lui fait découvrir les secrets du développement grâce à la présence sur place d’un labo photo. Très vite, il lui en laissera les clés… . et Isabelle se rendra plus souvent dans la chambre noire qu’en cours…. où elle viendra tirer dans les bacs les portraits réalisés le week-end.

À 22 ans, elle passe un CAP de photographie sur Lyon.

En 2008, après différentes expériences professionnelles dans des secteurs aussi variés que le sport, le médical ou le secrétariat, Isabelle qui a alors 37 ans, se lance un nouveau défi : devenir photographe professionnelle .
“Ce n’est pas la photographie qui me passionne ce sont les Hommes et ce qu’ils sont, ce qu’il sont capables de faire… la photo c’est pour moi un prétexte formidable pour approcher des univers différents et quoique je photographie, mon objectif est de montrer le meilleur de mon sujet.”

Isabelle Beauvais  vous propose de réaliser votre portrait de pilote quelque soit votre degré de compétence et que vous soyez célèbre ou non, avec de beaux tirages déco en impression sur support bois ou métallique. Vous pourrez rencontrer Isabelle Beauvais dès ce week-end du  19 et 20 mai à l’occasion de la 46eme édition du meeting ” Le temps des Hélices” à La Ferté-Alais. Elle sera ensuite présente lors de plusieurs meetings et rassemblements aéronautiques qui auront lieu cette année.

Elle se déplace aussi dans les aéro-clubs. N’hésitez pas à la contacter pour vous renseigner !

Contact :

www.isabellebeauvais.com
https://www.facebook.com/IsaBeauphotographie/
contact@isabellebeauvais.com
Mobile 06 68 51 92 47


Jean Mermoz disparait le 7 décembre 1936

Jean Mermoz (Collection Jean Bétrancourt)

Jean MERMOZ est né le 9 décembre 1901, à Aubenton (Aisne).
  • En 1920, s’engage dans l’aviation
  • En 1921, il est breveté pilote civil
  • En 1926, il entre comme pilote chez Latécoère
  • En octobre 1927, il vole de Toulouse à Saint-Louis sans escale
  • En décembre 1927, il est nommé chef-pilote de l’Aéropostale à Buenos Aires
  • En 1929, il passe la Cordillère des Andes, puis établit la ligne Mendoza – Santiago du Chili
  • Le 12 mai1930, il franchi l’Atlantique à bord du Comte-de-la-Vaulx, réussissant par la même occasion la1re liaison aéropostale entre la France et l’Amérique du Sud
  • En janvier 1933, il effectue la traversée  de l’Atlantique sud en 14 h, sur l’Arc-en-Ciel construit par René Couzinet (voir escales du vol retour à Casablanca et Toulouse-Francazal)
  • En mars 1933, lors de la naissance d’Air France, il est nommé chef-pilote de cette Cie pour la ligne France-Amérique du Sud
  • En 1934 il effectue des liaisons régulières dans chaque sens et le 7 décembre 1936 à 10 h 47, à sa 24 e traversée, il transmet cet ultime message : Coupons moteur arrière droit
Le Gouvernement de la République française le citera à l’ordre de la Nation :
Mermoz Jean, commandeur de la Légion d’Honneur, Inspecteur général de la Compagnie Air France
“Sublime figure d’aviateur d’un valeur morale et professionnelle hors pair. Créateur aux prix d’efforts surhumains, de l’aviation commerciale transocéanique a fait de son nom un symbole et de sa carrière une longue suite d’exploits.
Allant jusqu’au bout de toute entreprise, envisageant la mort avec sérénité, a mérité l’admiration générale par la grandeur de ses actes.
Porté disparu avec l’équipage de la Croix-du-Sud, dont il était le chef de bord.
Accomplissait sa 24 traversée de l’Atlantique sur la ligne postale qu’il avait été le premier à tracer.
Entre de plain-pied dans  la légende et s’inscrit parmi les héros les plus purs de l’aviation française.
8.200 heures de vol”
Fait à Paris le 15 décembre 1936
Le Ministre de l’Air : Pierre Cot.

Marcel Baratoux brevet n°49

Marcel Baratoux sur son biplan Wright (collection privée Xavier Cotton)

Marcel Baratoux, né à Paris, le 3 juillet 1884, est ingénieur Polytechnicien. C’est en ballon sphérique, en 1908, qu’il commence à prendre l’air. il participe ensuite à différents concours internationaux, dont Barcelone et la coupe Gordon Benett.

Avec quelques amis, il est à l’origine de la création de  l’Aéro-Club de Dunkerque. Attiré par l’aviation naissante, il apprend seul à piloter un appareil Wright et effectue son premier vol le 27 août 1909, en utilisant pour le départ un rail sans le secours du pylône de lancement.

Apportant des perfectionnements à son biplan Wright, il effectue de nombreux vols en septembre 1909. En octobre de la même année, il participe au premier meeting de Juvisy, puis en avril 1910 à celui de Cannes où il se classe honorablement.

C’est seulement le 10 avril 1910 qu’il demande son brevet de pilote, ce sera le N° 49. En réalité, il aurait pu l’avoir plusieurs mois auparavant. L’institution du brevet de pilote d’avion entre en vigueur le 1er janvier 1910. Dans le courant de l’année 1909, seize brevets avaient été octroyés sans examen à des aviateurs chevronnés, avec classement adopté par ordre alphabétique pour éviter toute prééminence entre les 16 premiers brevetés. Le n°1 échut ainsi à Louis Blériot et le 16ème à Wilbur Wright. A partir du 17ème c’est la date de passage de l’examen qui compte.

Il obtient également le brevet de pilote d’aérostats N° 177.

Marcel Baratoux pilote ensuite un appareil Maurice Farman jusqu’au jour où des raisons d’ordre physiologique l’empêchent de continuer à voler. Il décède en 1976.

Source des informations :

L’histoire des cent premiers pionniers de l’aviation française par Yves Saint-Yves