Catégorie : Histoire de l’aviation

Les hydravions de la C.A.F. à Calais

En mai 1928, une décision ministérielle (les Ailes du 24 mai 1928 page 7) autorise la C. A. F. à créer, sur le Bassin des Chasses à l’Est dit « Flaque à Guerlettes », derrière la gare maritime de Calais, une base pour l’hydraviation commerciale. La Compagnie Aérienne Française construit un terre-plein bétonné, un hangar et des bâtiments administratifs en vue de créer une liaison aérienne par hydravion entre Calais et Douvres. Pour cela, la C.A.F s’équipe de deux hydravions à coque. Le premier est un Schreck F.B.A 17 peint en jaune et baptisé “Canari”, le second est un gros hydravion “Lioré et Olivier” capable de traverser la Manche en quinze minutes.

Dans cet extrait de film de 1929 sous le titre “L’Angleterre en quinze minutes par un service régulier d’hydravions” on peut voir le Lioré et Olivier LeO 198 (F-AJHC) sorti du hangar sur un chariot à roulettes puis, après avoir embarqué ses passagers, être mis à l’eau via la pente bétonnée. Sur le quai se trouve le”Canari”. Le Léo 198 s’éloigne pour décoller puis revient vers nous survolant les installations.

Hydravion F.B.A 17 HE devant un hangar à Argenteuil (Archives de la CCI/ville de Calais)

Dans le numéro des Ailes, 28 août 1930, on peut lire “La Compagnie aérienne française vient d’inaugurer un service Calais-Douvres, en correspondance avec les trains maritimes et les services automobiles. La traversée du«Channel» est effectuée par hydravion, en vingt minutes, quatre fois par jour, excepté le mardi, où elle n’a lieu que deux fois. Le prix du passage est de 125 francs ordinairement, et de 90 francs seulement pendant le week-end, du vendredi au lundi ; ce prix donne droit au transport gratuit de cinq kilos de bagages. Rappelons que la C.A.F. assure également, sur demande, la liaison avec Londres, Ostende, Le Touquet et Paris, au moyen de ses hydravions à deux et six places“.

Mais l’exploitation de la ligne rencontra très rapidement plusieurs difficultés. Dès le début, la gare maritime de Calais refuse que la C.A.F y distribue ses “prospectus” comme en témoigne ce courrier du 26 décembre 1928. À Calais, l’embarquement se faisait au sec sur le quai, mais à Douvres, l’hydravion devait se poser sur la rade, et les voyageurs étaient transbordé à terre par des canots automobiles. Ces difficultés entrainent l’échec de l’entreprise. Pour combler le déficit, la compagnie donna des baptêmes de l’air et prit des photos aériennes de la ville. La société dut cesser son activité en 1934.

Vue aérienne du port de Calais prise depuis un hydravion de la C.A.F

À priori, les deux hydravions demeurés dans le hangar sont détruits avec les installations dans les bombardements de mai 1940.


1er vol commercial entre Paris et Londres en Farman FF60 Goliath

Film d’animation 3d de présentation du Farman 60 Goliath réalisé en 2019 pour l’association Aériastory à l’occasion des célébrations du centenaire de l’aviation civile commerciale à Toussus-Le-Noble. ©Pierre-André Biron

Dérivé du bombardier F-50, le FF60 Goliath n°1 inaugure Le 8 février 1919 la première ligne aérienne reliant Paris (Toussus-le-Noble) à Londres (Kenley). le Farman Goliath devient ainsi le premier avion de transport civil français. Dès l’année suivante, il sera utilisé par de nombreuses compagnies aériennes.

Accompagné de son mécanicien Lhomdé, le lieutenant Lucien Bossoutrot pilote de chasse durant la Grande Guerre décolle peu avant midi de Toussus-le-Noble avec 12 passagers militaires à son bord. Bossoutrot à la réputation d’être un grand expert de la navigation « aux instruments », c’est-à-dire sans avoir de référence visuelle. la convention d’armistice n’autorisant pas encore les vols civils, les autorités britanniques avait imposé que l’équipage et les douze passagers portent une tenue militaire.

Vers 14H35 après un vol de deux heures trente-sept minutes l’appareil se pose sans encombre aux portes de Londres. Le lendemain, le 9 février, le vol retour fut exempt d’aléas comme à l’aller mais effectué à 110 Km/h à cause d’un vent contraire.

Cabine du Farman F60 Goliath F-HMFU exposée sur les champs élysées en octobre 2008 pour le centenaire du GIFAS ©Liliane Cotton

Caractéristique du Farman F-60 Goliath

  • Envergure : 26.5 m
  • Longueur : 15.10 m
  • Hauteur : 5 m
  • Masse en charge : 4770 kg
  • 2 moteurs Salmson en étoile de 260 ch
  • Vitesse maximale : 130 km/h
  • Plafond pratique : 4000 m
  • Distance franchissable : 400 km

Sources des informations :


Clément Ader invente l’Avion

Clément Ader

Sur ce blog, il est beaucoup question d’Avion bien sûr et je ne pense vous apprendre que l’inventeur officiel de ce mot, si important pour nous les passionnés, est Clément Ader (né le 2 avril 1841 à Muret, décédé le 3 mai 1925 à Toulouse) En effet, si Clément Ader inventa des avions tel qu’Eole, il inventa aussi le nom “Avion“. Dès 1875, il emploie ce mot pour désigner certains de ses prototypes qui n’ont jamais volé en présence de témoins et il le dépose en 1890. Il était de ceux qui étaient convaincus que l’homme pouvait voler et que l’étude du vol de l’oiseau était la clé du succès. En 1855 , à l’âge de 14 ans il aurait effectué à Muret près de Toulouse une de ses premières tentatives de vol. Il semble donc logique qu’il connaisse leur nom latin Avis à partir duquel il invente le mot Avion. Mais une autre hypothèse circule selon laquelle Avion est l’acronyme d’ “Appareil Volant Imitant l’Oiseau Naturel”. Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à penser que c’est un rétro-acronyme, c’est à dire que l’on est parti du terme avion existant et qu’on lui a trouvé cette définition à posteriori.


Le Bleriot-Spad F-AIEM de la CIDNA en Syrie

Blériot-SPAD F-AIEM CIDNA Syrie ©Jacques Hémet

Nous sommes au début des années 30, en escale à Alep en Syrie sur la ligne Paris-Beyrouth de la CIDNA. Ce Blériot-Spad 56 F-AIEM est l’un des six exemplaires construits pour la Compagnie Internationale de Navigation Aérienne (CIDNA), il est équipé d’un moteur Jupiter 9Ac de 420 CV. Le F-AIEM évoluera de la version 56-3 à 56-5 (1er vol en 1928) qui est une version mixte cargo/passagers dotée d’une cabine de quatre places et d’un compartiment pouvant recevoir deux passagers supplémentaires ou du fret.

Blériot-SPAD F-AIEM CIDNA Syrie ©Jacques Hémet

La Compagnie internationale de navigation aérienne (CIDNA) est crée en 1925, elle succède à la la Compagnie franco-roumaine de navigation aérienne, elle même crée en 1920 Au debut des années trente, elle était l’une des 4 principales compagnies aériennes assurant le transport de passagers avec Air union, Air Orient, et les lignes Farman.  Sous le gouvernement Daladier et suite à la loi votée par le parlement, ces quatre compagnies fusionnent pour donner naissance à Air France le 7 octobre 1933.  

Blériot-SPAD F-AIEM CIDNA Syrie ©Jacques Hémet

Sources :


L’Odyssée du Biarritz : Paris-Nouméa (1932)


L’équipage du Biarritz sur Paris-Nouméa en 1932 : Emile Munch, Max Dévé et Charles de Verneilh
(Archives municipales de La Roche-sur-Yon, Fonds Couzinet. )
 

Le 6 mars 1932, le Biarritz, imaginé par l’avionneur vendéen René Couzinet décolle du Bourget. Il rallie la Nouvelle-Calédonie en 30 jours. L’association Patrimoine Yonnais et la ville de La Roche-sur-Yon s’associent pour célébrer cette étape importante de l’histoire de l’aviation.  

17h : présentation de l’exposition permanente « René Couzinet créateur d’avion (1904-1956) » par Jean-Yves Clément (directeur du service Histoire, Archives et Patrimoine de La Roche-sur-Yon) Entrée libre Maison Renaissance, 10 rue du Vieux-Marché, La Roche-sur-Yon  

18h30 : Bistrot de l’Histoire, discussion autour du raid Paris-Nouméa. En présence de monsieur Bertrand Dévé (fils de Max Dévé, navigateur du Biarritz) Entrée libre Hôtel-restaurant le Marie-Stuart, 86 bd Louis Blanc, La Roche-sur-Yon  

Renseignements auprès de Patrimoine Yonnais Maison Renaissance – 10 place de la Vieille-Horloge
85000 La Roche-sur-Yon
Tél. 02 51 46 14 47 – 06 88 33 56 22
Blog. www.patrimoine-yonnais.over-blog.fr