Tag : air france

SNCASE SE.161 Languedoc

SNCASE SE.161 Languedoc F-BCUA au Bourget (collection privée Michel Léveillard)

J’ai reçu ces deux photos de Languedoc de la part de Michel Léveillard ces deux photos scannées d’après des cartes postales qu’il avait achetées au Bourget en 1949.

Pour l’identification et l’historique de ces deux avions, je ne pouvais pas faire mieux que  demander l’aide  de Philippe Ricco qui a écrit le livre : SNCASE SE.161 Languedoc. Les balbutiements de l’aviation de transport moderne en France

Voici sa réponse concernant le F-BCUA ci-dessus :

“La première photo montre le SNCASE SE.161/P7 “Languedoc” n° 27, immatriculé F-BCUA. Sur les documents officiels, y compris les certificats de navigabilité, la désignation initiale Bloch 161 est souvent utilisée, ce qui correspond en fait au nom du bureau d’études Marcel Bloch (qui prendra le nom de Marcel Dassault  après guerre) qui l’a développé, plutôt qu’à l’usine qui l’a fabriqué. Il a été construit à Toulouse par la SNCASE (Société nationale de construction aéronautique du Sud-Est) d’abord sous le n° 20 avec des moteurs Gnome et Rhône 14N54/55. Il a fait son 1er vol aux mains de Pierre Nadot le 7 janvier 1947, puis a été réceptionné par le CATRE le 6 février  1947. Le lendemain, il est officiellement pris en compte par Air France sous le n° 27, avec un total de 10 heures de vol.
Il est aussitôt entré en chantier à Toulouse-Montaudran pour recevoir des moteurs Pratt & Whitney et devenir ainsi un P7 (P pour Pratt et 7 pour 7eme version). Le chantier a duré du 18 février au 2 juin. Le 3 juin 1947, il a  été officiellement livré par l’établissement central du matériel aéronautique de Nanterre du ministère de l’Air à Air France, à titre gratuit. Il a obtenu son CdN le 5 juin et son certificat d’immatriculation F-BCUA le 6 juin 1947. Le 16 décembre 1950 il  mute de propriété du gouvernement provisoire de la république française vers Air France.

Il est retiré du service d’Air France le 30 décembre 1952 avec 6157 heures de fonctionnement. Il a été pris en compte par Tunis-Air du 23 février 1953 jusqu’au 17 octobre de la même année date à laquelle il est restitué à Air-France, hors exploitation, avec 6700 heures. Il est stocké pendant plus d’un an à Toulouse-Montaudran, avant d’y subir une révision complète et un chantier de modification pour le SAR, qui le prend en compte le 17 mars 1955. Il a été accidenté un mois plus tard, le 20 avril 1955 au Bourget : il a percuté le toit d’un bâtiment suite à une sortie dissymétrique des volets. L’équipage a survécu, mais pas l’avion. J’ai raconté en détail toute cette histoire dans mon livre, avec nombreuses photos, y compris diverses vues de cet accident. Il est radié du registre des immatriculations le 14 novembre 1966, mais ce n’est qu’une régularisation administrative. A cette date, plus aucun Languedoc ne volait.”

Philippe Ricco a raconté en détail toute cette histoire dans son livre SNCASE SE.161 Languedoc, illustré de nombreuses photos, y compris  de cet accident

SNCASE SE.161 Languedoc F-BATB (collection privée Michel Léveillard)

Et voici la réponse de Philippe Ricco pour la photo ci-dessus

“Celle- ci montre le Languedoc n° 2 F-BATB, doté de moteurs Gnome et Rhône 14N. On peut voir facilement la différence de moteurs entre les deux photos : position différente de la prise d’air (dessous sur les 14N, dessus sur les Pratt) et la casserole d’hélice beaucoup plus grosse sur les 14N. Autre différence importante : le n° 2 a les petites dérives initiales, alors que le n° 27 a des dérives agrandies. On voit aussi d’autres différences, comme la forme du pare-brise, plus inclinée sur le n° 2, ou bien encore la position des diverses antennes.

Pour en apprendre plus sur l’histoire des Languedoc :
SNCASE SE.161 Languedoc. Les balbutiements de l’aviation de transport moderne en France de Philippe Ricco

Air France 1945-1958, l’âge d’or des hélices de Bernard Vielle

Un rescapé, le SE-161 “Languedoc” par Roland de Narbonne dans le Fana de l’Aviation n°429 d’août 2005


B787-9 Dreamliner d’Air France

B787-9 DREAMLINER (F-HRBA) d’Air France ©Philippe Warnault

Le B787-9 Dreamlier F-HRBA qu’on peut voir sur ces photos fait partie des trois B787-9 actuellement exploités par Air France.Il ont étés livrés comme suit :

  • F-HRBA le 1er décembre 2016
  • F-HRBB le 18 avril 2017
  • F-HRBC le 28 septembre 2017

Deux autre exemplaires sont attendus d’ici la fin de l’année, deux autres sont prévus en 2018, et en 2019 Air France disposera de dix des quinze B787 Dreamliner prévus pour remplacer la flotte vieillissante de B777-200 et A340.

Ces  trois premiers B787-9 sont configurés pour accueillir 30 passagers en classe Affaires, 21 en Premium et 225 en Économie.

Les Boeing 787-9 d’Air France desservent actuellement Le Caire, Montréal, Lyon et Londres et à terme ils desserviront aussi Bamako, Abidjan, Boston, Toronto, Panama City donc et Sao Paulo.

B787-9 DREAMLINER (F-HRBA) d’Air France ©Philippe Warnault


La PAF en vol avec le dernier 747 d’Air France

Le 27 janvier au dessus de la Camargue, douze avions, fleurons de l’aéronautique française, se donnaient rendez-vous : onze Alphajet de la Patrouille de France et le dernier Boeing 747 d’Air France.


Amicale du Super Constellation & Fondation du Patrimoine

Super Constellation F-BGNJ ©Romain Salerno
La Fondation du Patrimoine des Pays de la Loire s’’allie à l’Amicale du Super Constellation pour récolter vos dons en vue de la restauration du Super Constellation F-BGNJ de Nantes. Désormais, vous pouvez vous aussi participer à la restauration du F-BGNJ en envoyant vos dons via la fondation du patrimoine directement depuis le site internet : 
ou par chèque en téléchargeant et en renvoyant le bulletin de souscription : 
 Les travaux financés par vos dons porteront, entre autres, sur: 
– la réfection complète de la sellerie des 4 sièges du cockpit
– la réfection de 10 fauteuils passagers (banquette double) 
– le remplacement des pneus du train principal 
– la réfection complète des revêtements de sol du fuselage 
 Les dons ouvrent droit à une réduction d’’impôts de 66% pour les particuliers ou de 75% pour les particuliers à l’’impôt sur la fortune et de 60% pour les entreprises* . 
* dans la limite de 20% du revenu imposable pour les particuliers et de 5% du chiffre d’affaires pour les entreprises. 
Créée par la loi du 2 juillet 1996 et reconnue d’’utilité publique, la Fondation du Patrimoine est le premier organisme national privé indépendant qui vise à promouvoir la connaissance, la conservation et la mise en valeur du patrimoine non protégé par l’État. La Fondation du Patrimoine est une organisation décentralisée. Son action s’appuie sur un réseau de délégués départementaux et régionaux, tous bénévoles. 
Apportez votre soutien à la Fondation du Patrimoine pour la sauvegarde du Super Constellation F-BGNJ et profitez d’’une réduction d’impôt !
Amicale du Super Constellation
124 rue de l’aviation
44340 BOUGUENAIS
http://superconstallation-nantes.fr
contact@superconstellation-nantes.fr

Amicale du Super Constellation – Journées Portes Ouvertes – 27 & 28 septembre 2014

L’Amicale du Super Constellation organise des Journées Portes Ouvertes
 les 27 et 28 septembre 2014.
L’Amicale du Super Constellation organise des Journées Portes Ouvertes les 27 et 28 septembre 2014.
Ce sera l’occasion pour le public de (re)découvrir le Lockheed L-1049 C Super Constellation, le plus bel avion de ligne à moteurs à pistons jamais construit.
Sorti des usines de Burbank, CA en novembre 1953, le F-BGNJ est le dernier exemplaire encore en “bon état” existant en France.
Classé monument historique, il est le premier appareil à avoir participé aux évacuations sanitaires lors du conflit du Biafra en 1968.
Il est ainsi à l’origine de la création d’Aviation Sans Frontières qui verra le jour 10 ans plus tard.
En restauration depuis 2000, il est depuis 2012 enfin ouvert au public.
Beaucoup de travaux de restauration restent à faire, notamment le remplacement de l’ensemble des hublots (en cours), la restauration complète du cockpit (quasi terminé), l’aménagement d’une partie des sièges et d’un petit salon version “Parisien Spécial”, la remise en place des dérives à entoiler…

Cette année nous aurons le plaisir d’accueillir les associations Aéroscope, AREA ainsi qu’ Aviation Sans Frontières.

Venez nombreux !

Lieu : Aéroport de Nantes-Atlantique – Chemin de Frémiou, Saint Aignan de Granlieu. (à côté de Météo France)
GPS : Lat 47° 8’57.59″N – Long 1°36’25.12″O 
Horaires d’ouverture : Samedi et Dimanche de 9h 12h30 et de 14h à 18h30
Tarif : 4 € (gratuit pour les moins de 18 ans), parking gratuit
Renseignements et informations : http://superconstellation-nantes.fr et contact@superconstellation-nantes.fr

Plan d’accès au Lockheed L-1049 C Super Constellation F-BGNJ

AIR FRANCE (1945-1958) L’âge d’or des hélices

AIR FRANCE (1945-1958) 
L’âge d’or des hélices
Bruno Vielle
Fin  1944, après l’euphorie de la  libération , le réveil des  Français est douloureux  les moyens de transport Ferroviaires, routiers et maritimes sont sinistrés. la restauration des liaisons aériennes est donc une priorité du gouvernement provisoire de la  république Française. Manquant de tout, avec une flotte dépassée, le réseau des lignes aériennes françaises rétablit rapidement, à la fin de la guerre, les liaisons aériennes entre les grandes villes françaises puis entre la métropole et les colonies. la paix revenue, Air France lui succède le 1er  janvier 1946. elle ouvre au cours de l’été ses premières liaisons transatlantiques avec des appareils américains, DC4 et constellation. leur utilisation, qui ne devait être qu’une exception en attendant le développement d’appareils nationaux, se généralise au fil des mois car les constructeurs nationaux souffrent des difficultés de l’après-guerre. pourtant, le formidable développement des technologies aéronautiques durant la guerre annonce un avenir prometteur à l’aviation civile mondiale.
Air France devra donc relever ce défi : se doter d’avions modernes et adaptés à cette nouvelle époque, développer le réseau aérien aussi bien français que mondial, afin d’élargir le rayonnement de la France et s’imposer dans les cieux. Préfacé par Alexandre de Juniac, le  PDG d’Air France-KLM, découvrez l’histoire passionnante de cette entreprise Française emblématique dans un ouvrage richement documenté de photos et documents d’époque.
L’Auteur : Bruno Vielle est passionné d’aviation depuis sa plus tendre enfance. Devenu mécanicien avion, il entre à Air Inter en 1988 puis à Air France en 1997. Féru d’histoire de l’aviation, après Air Inter, l’avion pour tous, publié chez E-T-A-I en 2005, il entreprend des recherches sur les débuts d‘Air France. Ce travail aboutit à la rédaction d’un premier tome sur la genèse de la compagnie publié en 2011 Air France 1933-1944, un turbulent décollage. Membre du Conservatoire de l’Air et de l’Espace d’Aquitaine, après quatre années de restauration, il a fait revoler un Stampe SV4.
Date de parution : 05/02/14
ISBN : 978-2-7268-9751-5
EAN : 9782726897515
Nombre de pages : 176 pages
Photos : 219 photos
Dimensions : 24,7 cm × 27,6 cm × 1,7 cm
Poids : 1,095 Kg
Prix : 43€

Air France, la légende en légendes

Air France
La légende en légendes
The legend told in legends
Hélène Basselier-Volaire

À travers une iconographie unique, très majoritairement inédite, redécouvrez l’esthétique, l’histoire et les progrès d’Air France.
Organisé en grands chapitres chronologiques traitant des précurseurs aux regroupements et alliances de compagnies, cet album photographique  est un voyage à travers les styles, les modes, les technologies et les anecdotes marquantes de l’histoire d’Air France. Du Wibaut 283 à l’Airbus A380, de l’aéroport du Bourget au Hub de Roissy, de l’uniforme de Christian DIOR à celui de Christian LACROIX, des pionniers de l’aviation aux passagers frequent flyers : cet itinéraire en image  retrace l’histoire de la compagnie au fil des époques et illustre à travers elle, l’évolution du transport aérien de 1933 à nos jours.
L’auteur a rassemblé ces documents inédits et rédigé les légendes en français et en anglais permettant d’interpréter et de placer dans leur contexte historique les images, photographies et affiches présentées dans le livre.
Hélène Basselier-Volaire est ingénieure de l’Aviation Civile et a véritablement vécu Air France. Elle est à l’origine de cet ouvrage avec l’accord d’Air France qui s’est ensuite adjoint au projet.
 
Le livre  est dédié à tous ceux que l’univers aérien fait rêver, autant les passionnés d’aéronautique, que les familles qui à travers les générations reconnaitront leurs époques en échangeant avec bonheur sur l’évolution du monde aérien.
Bon voyage !
Air France 
La légende des légendes
The legend told in legends
éditions cherche-midi :  http://www.cherche-midi.com/
25cm x 28cm
192 pages
32€
Sortie le 3 octobre 2013
ISBN 978-2-7491-2754-5

Amicale du Super Constellation – Journées Portes Ouvertes – 28 & 29 septembre 2013

L’Amicale du Super Constellation organise des Journées Portes Ouvertes
 les 28 et 29 septembre 2013.

Ce sera l’occasion pour le public de (re)découvrir le Lockheed L-1049 C Super Constellation, le plus bel avion de ligne à moteurs à pistons jamais construit.
Sorti des usines de Burbank, CA en novembre 1953, le F-BGNJ est le dernier exemplaire encore en “bon état” existant en France.
Classé monument historique, il est le premier appareil à avoir participé aux évacuations sanitaires lors du conflit du Biafra en 1968.
Il est ainsi à l’origine de la création d’Aviation Sans Frontières qui verra le jour 10 ans plus tard.
En restauration depuis 2000, il est depuis 2012 enfin ouvert au public.
Beaucoup de travaux de restauration restent à faire, notamment le remplacement de l’ensemble des hublots, la restauration complète du cockpit (en cours), l’aménagement d’une partie des sièges et d’un petit salon version “Parisien Spécial”, la remise en place des dérives à entoiler…
Venez nombreux


Aéroport de Nantes-Atlantique 

Chemin de Frémiou, Saint Aignan de Granlieu. (à côté de Météo France)
GPS : Lat 47° 8’57.59″N – Long 1°36’25.12″O 
Horaires d’ouverture : Samedi et Dimanche de 9h à 18h.

Renseignements et informations :

 http://superconstellation-nantes.fr
 contact@superconstellation-nantes.fr


Air France dans tous les ciels

AIR FRANCE
DANS TOUS LES CIELS
Denis Parenteau
En mission à Toulouse, je suis allé faire un tour à la FNAC où je sais trouver un rayon de livres aéronautiques assez copieux vu l’importance historique et industriel de l’aviation pour cette ville. J’y ai découvert ce joli livre objet très richement illustré et agrémenté de fac-similé de documents d’époque (flyers, affiche, billet d’avion…) bien protégés par des pochettes philatéliques. Bien que paru en octobre 2012, je ne résiste pas pas à vous le présenter car je suis sur qu’il fera rêver petits et grands.
En voici le texte de la 4eme de couverture :
“Depuis sa création en 1933, Air France est une des compagnies les plus emblématiques du transport aérien : soucieuse d’une image d’élégance et de savoir-vivre français, la compagnie a toujours été à la pointe des innovations et de la modernité, participant à la création des grandes lignes aériennes et à l’invention des vols de tourisme. L’histoire d’Air France se confond de fait avec celle du transport aérien français, des modes et des modèles de son époque. – Grâce à ce « livre-objet » vous plongerez dans l’Histoire la compagnie, des précurseurs de l’Aéropostale à l’Airbus A320. Vous découvrirez tous les secrets de la flotte et ses avions mythiques : la Caravelle, le Dewoitine D338, les Bloch, le Douglas DC3 et l’incontournable Lockheed Constellation. -Vous pourrez découvrir en fac-similés les documents de l’âge d’or des affichistes et des dessinateurs de publicité et vous pourrez épingler sur votre fauteuil le carton donné à bord du Lockheed Constellation indiquant qu’il vous est réservé…
Le livre aborde essentiellement 4 thèmes :
  • Histoire : Naissance d’Air france en 1933 de la compagnie crée en 1933, l’explication de la crevette, la présentation des appareils de chaque époque.
  • Préparer son voyage : Les agences, les affiches qui font rêver, les billets, le réseau. 
  • Le voyage : l’accès à bord, le confort, comment occuper les enfants le service et les repas, les personnels navigants, l’entretien des avions.
  • Souvenirs : Des passagers diplômés, une collection de timbres, cartes de vœux, objets et cadeaux publicitaires, maquettes et jeux, les calendriers.
Au final, un livre de référence écrit par Denis Parenteau qui est désormais Président d’honneur du Musée Air France, après avoir occupé plusieurs postes de direction chez Air France.

Air France dans tous les ciels
Auteur : Denis Parenteau
Editions Ouest France 

120 pages – format 27cm x 29cm- fermeture par rabat aimanté
32 euros
paru en octobre 2012
ISBN : 978-2-7373-5868-5

Vol Air France Paris-Marseille en 1937

Potez 62 F-ANPI d’Air France ed Godneff (collection privée Xavier Cotton)

 

Voici les impression du docteur Robert Delabost sur son vol de Paris à Marseille avec un Potez 62 d’Air France en 1937. Ce témoignage est paru dans la “Revue de l’Aéroclub de Normandie” (trimestrielle) d’août 1937. Air France est alors une toute jeune compagnie aérienne puisque fondée en 1933.

“Notre vice président fondateur de l’Aéro-Club, Robert Delabost, ayant le 13 mai dernier, employé l’avion de la ligne “Air-France” pour un déplacement dans le midi, a bien voulu donner à notre trésorier (Jean Bétrancourt, ndlr), et à l’attention de nos membres, ses impressions sur ce voyage.

Collection Alain Bétrancourt

Oui, mon cher trésorier, comme je l’avais projeté depuis longtemps, je viens de faire le voyage de Paris à Marseille par le service d”Air-France” sept cents kilomètres à …… vol d’oiseau, en trois heures un quart et deux demies heures d’auto.
C’est un rêve en comparaison avec la longue et fatigante nuit que l’on doit passer en chemin de fer pour effectuer le trajet, et c’est une joie pour un “vieux de l’air”.

Mais comment est-on admis à faire le voyage ?….

C’est bien simple : on consulte à la gare, dans les agences de voyage ou à l’aéroclub, un horaire d'”Air-France” et l’on retient, par lettre ou par téléphone, sa place à bord de l’avion, de préférence quelques jours à l’avance, au Bureau de cette Compagnie Aérienne, 2, rue Scribe, à Paris : On paie 630 francs à ce Bureau qui vous indique l’heure du départ de l’autobus spécial qui part du Bureau d'”Air-France” 116, rue Lafayette et vous conduit à l’aérodrome du Bourget. c’est dans ce Bureau que l’on vous remet les billets et que l’on vous prends tous vos bagages et votre appareil photographique. ceux ci vous seront remis à votre arrivée à Marseille.

Et c’est les mains libres que l’on monte dans l’autobus rapide qui vous attend, et on a juste le temps de traverser les interminables couloirs de la nouvelle gare pour arriver dans la salle d’attente et sur l’aire de départ de l’avion. À moins qu’une averse d’importance, comme celle qui tomba alors, ne retarde l’envolée de dix minutes par mesure de prudence.

Embarquement à bord d’un POTEZ 62 d’Air France Sur la ligne Paris-Bordeaux ©Jacques Hémet

On se hâte alors vers un superbe bi-moteur “Potez 62”, qui vous attend en face, à cinquante mètres : on monte à tour de rôle les marches d’un escabeau et l’on s’installe à son grès sur les fauteuils libres de la carlingue, absolument comme dans un wagon.

Les moteurs sont chauds, le pilote et le radio-gonio sont à leur poste, le steward s’assure que les douze voyageurs (dont onze anglais) sont à leur place, la porte est claquée, les moteurs ronflent plus fort et l’on décolle.

  Et le confort à bord ?….

Parfait. Les sièges, très souples, se moulent au corps, et le dossier, bien incliné, vous donne une impression si agréable que de tout le trajet, je n’ai vu aucun voyageur le quitter pour se délasser comme on le fait volontiers dans le chemin de fer. Une grande glace vous permet de voir aisément la terre en restant confortablement assis. Au dessus de la glace, un petit ventilateur réglable vous envoie un courant d’air frais très agréable sur la figure, car l’air de la carlingue est aussi calme et chaud que celui d’un compartiment de chemin de fer ; au dessous de la glace, une pochette contient trois petits sacs de papier résistant pour recevoir, au besoin, les résultats du mal de l’air.

Aménagement de la cabine d’un Potez 62 ©Photo constructeur via Jacques Moulin

Il y a très peu de vibrations et l’on peut écrire ses mémoires d’un écriture à peine tremblée.

Le steward vous remet bientôt un petit sachet de papier contenant du coton pour mettre dans les oreilles : mais le bruit des moteurs n’est pas très fort puisque l’on peut se parler et se comprendre à cinquante centimètres en élevant un peu la voix, et l’on ne tarde pas à se passer du bouchon de coton : quelques minutes après le départ, le steward vous distribue des bonbons. Le geste est délicat, mais aussi il est utile, car ce sont des pastilles de chewing-gum, que l’on suce pendant tout le trajet pour aider la pénétrations ou la sortie de l’air dans la caisse du tympan et éviter bourdonnements ou douleurs aux changements d’altitude.

Potez 62 F-ANPG ©Photo constructeur via Jacques Moulin

        

Et maintenant pourriez vous nous donner quelques impressions de voyage ?….

Bien volontiers. Au départ, on s’élève sur cette banlieue Nord-Est de Paris dont les maisons banales et les usines ne tardent pas à paraître bien petites ; puis, dans la brume qui suit la pluie d’orage, on devine Paris et sa tour Eiffel. Un ruban lamé d’argent, c’est la Seine ; puis un autre tortueux, c’est la Marne. Un troisième plus étroit apparait, c’est l’Yères (en réalité c’est l’Yerres dans l’Essonne à ne pas confondre avec l’Yères petit fleuve côtier de Seine-Maritime, ndlr). On vole encore sous les volutes noires d’un ciel orageux. Puis, c’est le brouillard : on traverse les nuages. Le soleil apparait alors éblouissant dans un ciel bleu, et aussitôt, on survole les moutons dorés, à perte de vue, de la mer de nuages. On est à 1,600 ou 1,800 mètres. Le spectacle est merveilleux.

De temps en temps,par une trouée noire, on voit la terre. Elle est bien sombre et bien vilaine, par comparaison, la terre.

Après trois quarts d’heure environ, petit à petit, le sol apparait à travers la brume, de plus en plus net ; mais ce n’est pas la terre de chez nous ; les champs sont petits et en forme de polygones irréguliers. À dix kilomètres environ sur la droite, on longe un long ruban argenté, c’est la Loire, dont nous remontons la vallée : nous survolons Chateau-Chinon. Un quart d’heure se passe et nous voyons un pays tout plein de flaques d’eau : le Nivernais.

Potez 62 F-AOUA à Lyon-Bron ©SLHADA

Puis nous tombons dans deux ou trois tous d’air causés par la traversée des Monts du Lyonnais et quelques minutes après, nous longeons la Saône, et nous sommes en vue du Rhône et son confluent. On est déjà sur Lyon, qui ne parait pas très grand. Voilées par une légère brume, on distingue Notre-Dame-de-Fourvières, la place Bellecour et la gare Perrache.

Mais tout cela s’enfuit rapidement, car l’avion va vite ; on se rapproche du sol, la terre tourne encore, et l’on roule sur le terrain de Bron. Cinq minutes d’arrêt, tout juste le temps de prendre un café trop chaud, et l’on court à l’avion qui s’envole.

Puis nous voyageons dans l’air limpide et chaud de la vallée du Rhône, à quelques 20 kilomètres de sa rive gauche. Les Alpes neigeuses sont toutes dorées par le soleil ; on reconnait le Massif du Mont-Blanc, puis celui du Pelvoux

Plus loin, on rase de près le Ventoux aux pentes pierreuses. On survole des fleuves de sable : C’est l’Isère, la Drôme et la Durance. Sur la droite, on distingue le Massif Central couvert d’orages éclairés par les lueurs rouges feux du soleil. le spectacle est passionnant de tous côtés… Et, tout d’un coup, on a l’agréable surprise de découvrir l’Étang de Berre, avec ses réservoirs de pétroles, ses deux terrains d’aviation et, plus loin, la belle mer bleue.

On cherche à s’orienter, mais la terre se met à danser une sarabande effrénée ; tout tourne devant les yeux et l’avion roule sur le terrain de Marignane.

À l’arrêt, seul je descends ; les onze autres voyageurs, Les Anglais, restent dans le Potez, qui repart aussitôt pour Cannes.

Dix minutes après, j’étais invité à monter dans un vieux tacot d'”Air-France”, qui par des chemins invraisemblables, me conduit, avec un bruit de ferraille, vers la banlieue de Marseille, plus bruyante encore et plus grouillante, où l’on ne peut avancer qu’à grands coups d’une trompette sonore.

À trois heures, j’avais quitté la rue Lafayette, et à sept heures, j’étais sur la Cannebière, frais et dispos. C’est au bureau d'”Air-France” que mes bagages et mon appareil photographique me furent rendus.

Potez 62 F-ANPH ©Photo constructeur via Jacques Moulin

Et pour conclure ?……

Voyage beaucoup plus court, plus beau et moins fatigant qu’en Chemin de fer. À peine plus coûteux, si l’on tient compte qu’à l’arrivée on n’éprouve pas le besoin de perdre du temps pour se reposer.
Le Danger ? Infiniment moindre que dans les promenades en autocar dans les montagnes niçoises ou sur les corniches en bordure de la mer.
Enfin, c’est un agrément, et c’est aussi un devoir pour chacun de contribuer au développement de notre aviation en s’en servant, comme savent s’en servir…… les Anglais.

Sources des Informations et Documentations :
Alain Bétrancourt
Photos constructeur via Jacques Moulin
Revue de l’Aéroclub de Normandie août 1937
Société Lyonnaise d’Histoire de L’Aviation et de Documentation Aéronautique : http://www.slhada.fr/


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