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Biplan Voisin “Jean-Paul” d’André Bellot

Voisin type 1909 de André Belllot ©Jacques Hémet
Jacques Hémet nous fait de nouveau partager très aimablement une photo de sa  collection personnelle. On peut y voir un avion Voisin type 1909 marqué “Jean Paul”, les ailes et la queue cellulaires assurait une bonne stabilité latérale.

Mais à qui appartenait cet avion, où et en quelles circonstances cette photo a été prise ?

Posant quelques questions sur aéroforum, Didier Lecoq,  Gilbert Neel et Thierry Matra m’apportèrent des réponses précises et je les en remercie. En particulier une carte postale de 1910 que j’ai pu acheter chez Delcampe.  Celle-ci représente la même scène avec cette légende : “Niort- Semaine d’Aviation mars 1910 – biplan Voisin – A droite les aviateurs Noël et Bellot”.
Niort- Semaine d’Aviation (Mars 1910) – Biplan Voisin- A droite les aviateurs Noël et Bellot @Xavier Cotton
Un terrain d’aviation fut inauguré dès le début 1910 à Niort-Souché qui fut réellement ouvert avec la Semaine d’Aviation qui se tint du 27 mars au 3 avril 1910. Six aéroplanes furent engagés à Niort dont trois Blériot XI (celui d’André Noël, le “Scarabé” de Jacques de Lesseps et “l’Alouette” de Guillaume Busson), deux Voisin (“Jean Paul” d’André Bellot “Rédacteur sportif au Matin” et celui de Florentin Champel) et une Demoiselle “santos Dumont”pilotée par Charles Terres Weymann  franco-américain né à Port-au-Prince où son père était ambassadeur des Etats-Unis, il sera vainqueur de la coupe Gordon Bennett 1911 et du concours militaire de Reims d’octobre-novembre 1911.
 Les spectateurs furent très impressionnés car la plupart d’entre eux n’avaient encore jamais d’avions en vol. A cette occasion André Noël battit le record d’altitude en montant à 450 m, il survola Niort et les tours de sa cathédrale, à son retour il fut porté triomphalement par les spectateurs enthousiastes

A noter que parmi les cinq pilotes suivants, seul Jacques de Lesseps était officiellement breveté à l’occasion de cette semaine d’aviation de Niort :
Jacques de Lesseps brevet n°27 du 6 janvier 1910
Florentin Champel brevet n°94 du 10 juin 1910
André Noel brevet n°122 du 21 juin 1910
Guillaume Busson brevet n°121 du 21 juin 1910
André Bellot brevet n° 317 du 7 décembre 1910

Deux Blériot XI “Scarabé” de Jacques de Lessseps et “l’Alouette de Guillaume Busson à la semaine D’aviation de Niort en 1910 @Didier Lecoq

Quant à l’inscription “Jean-Paul” sur la dérive du Voisin d’André Bellot, selon Thierry Matra il y a deux hypothèses possibles : “Les frères Voisin ont été les premiers à pratiquer le sponsoring dans le domaine de l’aviation. A savoir que l’un des facteurs de satisfaction de l’acheteur était qu’il puisse apposer son nom ou “un nom” sur l’appareil tout en faisant abstraction de celui du constructeur. A une époque où il était important pour certains de montrer son nom sur le nec plus ultra de la “conquête de l’air”, c’était une manière de flatter l’ego de certains. On voit ainsi certains pilotes qui débaptisent l’appareil qu’ils viennent d’acheter et le rebaptise à leur façon comme pour le britannique Wolseley ou encore Louis Paulhan qui appelle ses différents Voisin Octavie. il y eu également plusieurs cas où le nom porté était celui du généreux sponsor qui ne pilotait pas mais faisait le bonheur du ou des pilotes à qui il confiait le bien précieux porteur de son nom. Je pense que c’est de ce côté qu’il faut chercher concernant “Jean-Paul” et les pilotes Noël et Bellot. Trouvez qui l’a financé et vous aurez très certainement la réponse.
 Mais “Jean-Paul” peut tout aussi bien être le prénom de son fils, ou de son père ou d’un mécène. Les 2 premiers clients de Voisin qui étaient quasiment des intimes au moins au début étaient Delagrange et Henri Farman, ils furent autorisés à mettre leur nom sur l’appareil. Une formule qui fut reprise par la suite et qui permis de vendre un certain nombre d’appareils commandités par des personnages fortunés, les frères Voisin se pliant également aux demandes souvent bizarres de leurs clients et réalisaient des modifications qu’ils savaient condamner l’appareil à ne pas voler, mais le client était satisfait et avoir un aéroplane portant son nom  remisé dans son château faisait très chic. Le 1er Goupy triplan fut également construit de la sorte par les frères Voisin, il porte le nom de Goupy. Pour Paulhan et son Octavie (ou plutôt ses Octavie) je n’en connais pas l’origine mais certainement le prénom de quelqu’un de cher. J’ai échangé par lettres voici plus de dix ans avec une Octavie belge qui devait son prénom au Voisin de Paulhan. Son père étant un fan du pionnier, après avoir assisté au meeting de Spa 1909 et/ou Braine le comte 1910, il donna le nom de son appareil à sa fille, la boucle était bouclée ! Peut-être que le Voisin de Bellot a donné son prénom à quelques bambins ! “

Sources des informations :
Les débuts de l’aviation en Charentes et Poitou de Camille Lépouchard et Yvette Renaud édité par le Centre départemental de documentation pédagogique de la Charente en 1998
http://www.aerostories.org/~aeroforums/forumhist/
http://www.vieillestiges.com/Historique/html/BrevetsPA-00.html
http://aeroplanedetouraine.fr/busson/
http://www.delcampe.fr/


VOISIN 3

Voisin LA V313 probablement au Camp retranché de Paris (collection Xavier Cotton)

Le Voisin 3 conçu par Gabriel Voisin est un avion biplan et biplace à moteur propulsif (Canton-Unné radial 9 cylindres de 120 Cv à refroidissement par liquide), ce qui lui donne un avantage considérable en 1914 alors que le tir synchronisé à travers l’hélice n’a pas encore été mis au point. Cet avion résultant d’un projet remontant aux années qui précédèrent immédiatement le conflit vola pour la première fois en février 1914.
Le Voisin 3 (appelé aussi type LA) utilisé au début dans des missions d’observation, servit  très vite au bombardement autant diurne que nocturne, tirant profit de la petite quantité de bombes qu’il pouvait emporter. En raison de sa structure entièrement en tubes d’acier, il était d’une robustesse exceptionnelle et pouvait supporter avec une relative facilité les dommages du combat. Il fut retiré des premières lignes en 1915.
Construit à plus ou moins mille exemplaires, l’avion équipa très rapidement toutes les aviations alliées, l’aviation française en reçut à elle seule 800 exemplaires, une trentaine pour la belge ainsi que pour l’aviation russe. La Grande Bretagne en utilisa 50 de construction française et en fit construire sous licence 50 autres. L’Italie en fit construire 112 sous licence par la société aérienne Transaerea.

Voisin LAS B-2 n°955 au MAE du Bourget. Il fut construit en 1915 et donné au musée en 1919 ©Xavier Cotton

C’est sur un Voisin 3 que fut remportée la première victoire aérienne homologuée, le 5 octobre 1914 au dessus de Jonchery sur Vesles près de Reims quand le sergent Joseph Frantz (pilote) et le sapeur Louis Quenault (mitrailleur) abattirent un Aviatik allemand.

Sources des information :
Les amis de Gabriel Voisin : http://www.avions-voisin.org
List’in MAE : http://www.pyperpote.tonsite.biz/listinmae/
Multiguide aviation Bordas Les avions vol 1 : des origines à la première guerre mondiale

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