Arrivé de l'arc en ciel à Casablanca

Arc-en-Ciel à Casablanca le 19 mai 1933 @Marie-Aline Perrin

Merci à Marie-Aline Perrin qui m’a envoyé ces photos historiques de l’Arc-en-Ciel en escale à Casablanca prises par le photographe professionnel Marcelin Flandrin dont l’atelier « Photo Flandrin Casablanca » se trouvait 128 rue Gay Lussac.

Ce trimoteur  de 30 mètres d’envergure à l’allure élancé équipé de 3 moteurs Hispano-Suiza de 650 Cv fait partie des engins mythiques qui ont marqué l’histoire de l’aviation.
 Le 16 janvier 1933, piloté par Jean Mermoz et accompagné par René Couzinet lui-même, le Couzinet 70 (immatriculé F-AMBV) bat le record de la traversée l’Atlantique Sud entre Saint-Louis-du-Sénégal et Natal en 14h27 pour 3200 km soit une moyenne de 221 km/h. La deuxième traversée de l’Atlantique sud vers Dakar à lieu le 15 mai,  le vol retour vers la France s’effectue du 16 mai au 21 mai avec les escales suivantes Saint-Louis, Cap Juby, Casablanca, Toulouse-Francazal (voir précédent article : http://www.passionpourlaviation.fr/2014/07/25/larc-en-ciel-a-toulouse-francazal-en-1933/) et enfin Paris. L’arrivée au Bourget  devant 15 000 personnes est triomphale.

ARc en ciel moteur central arrété

Arc-en-Ciel à Casablanca moteur central arrêté, le 19 mai 1933 @Marie-Aline Perrin

Le 19 mai 1933, Le Couzinet 70 Arc-en-Ciel en provenance de Cap-Juby fait escale à Casablanca. René Couzinet témoigne de leur départ le matin de très bonne heure :  « Dans le sable de la plage, Mermoz lance l’Arc-en-Ciel vers la mer. A quelques mètres des vagues, il décolle. A ce moment précis le moteur central, à la suite d’un faux contact, s’arrête net. C’est l’écrasement irrémédiable au bord de l’eau. Non, Mermoz « rend la main » à un mètre au- dessus de l’écume, demande à l’avion un effort désespéré, prend deux mètres de hauteur, rend de nouveau la main, reprend cinq mètres. Les deux moteurs latéraux tirent éperdument. Quand Collenot réussit à remettre en marche le moteur central, l’avion est déjà hors de danger.
 Quatre heures après, nous sommes à Casablanca, et le Maroc nous accueille avec un élan émouvant. »
Arc en ciel à Casablanca

Arc-en-Ciel à Casablanca le 19 mai 1933 @Marie-Aline Perrin

Sur cette photo on peut voir Jean Mermoz saluant la dame au chapeau. Derrière lui avec le béret probablement Alexandre Collenot le mécanicien. Avec son mouchoir à la main et ses cheveux en bataille, il s’agit de Jean Manuel, le radio. On remarque la haute silhouette de Louis Mailloux entre les deux personnes, à droite. Il semble manquer Pierre Carretier qui est sans doute encore dans l’avion et la septième personne présente sur ce vol, le journaliste du Matin Paul Bringuier qui raconte son vol dans le numéro du 27 mai 1933 qu’on trouver sur BNF Gallica

 

Arc en ciel au Parking

Arc-en-Ciel à Casablanca le 19 mai 1933 @Marie-Aline Perrin

Le lendemain l’Arc-en-Ciel repart pour Toulouse-Francazal, son avant dernière étape avant Paris le Bourget. L’avion fut ensuite exploité par Air France jusqu’en 1937.

Documents  consultés :
Mermoz Couzinet ou le rêve fracassé de l’Aéropostale d’Alexandre Couzinet
http://www.hydroretro.net/etudegh/arc-en-ciel_atlantique_vol2.pdf

Le Matin 27 mai 1933 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k577995d.item